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L’Évangile selon Saint-Argent

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03.12.2019

C'est une histoire condamnée à se répéter indéfiniment car, depuis la nuit des temps, l'enrichissement des uns s'est toujours pratiqué au détriment des autres. Les inégalités sont souvent décrites par la classe aisée comme un effet collatéral inévitable, quasi-mécanique, de la prospérité et des innovations censées pourtant profiter à l'ensemble de la communauté. En réalité, ces progrès se matérialisent en comprimant mécaniquement les plus fragilisés de la société bien en-dessous du seuil de pauvreté.

De tous les leviers abondamment mis en œuvre ayant permis de gonfler à travers les âges la fortune de quelques-uns, la dette bénéficie d'une place de choix au
palmarès, car l'incapacité des débiteurs à pouvoir l'assumer fut effectivement - depuis l'Antiquité - prétexte à saisir leurs biens, leur habitation, leurs champs, et en finalité leur liberté ! David Graeber dans «Dette, 5.000 ans d'histoire» ne rappelle-t-il pas que le terme de «liberté» fut d'abord «amargi» en sumérien, signifiant «libéré de la dette» ?

La mise sous tutelle - voire sous esclavage pur et simple - de celles et ceux qui, tout au long de l'Histoire humaine, se sont avérés défaillants dans le remboursement de leur dette fut donc un des plus sûrs moyens pour d'autres de construire au long cours leurs richesses et de consolider leur pouvoir. Les États........

© La Tribune