Alliés potentiels, non convaincus, détracteurs… comment dépasser les clivages créés par les ZFE ?
En France, les zones à faibles émissions (ZFE) se trouvent au cœur d’une saga politique et réglementaire ; accusées d’être socialement injustes, elles alimentent la défiance d’une partie de la population.
En France, les zones à faibles émissions (ZFE) se trouvent au cœur d’une saga politique et réglementaire ; accusées d’être socialement injustes, elles alimentent la défiance d’une partie de la population.
Des travaux de recherche ont identifié six profils types de réaction face aux ZFE, qui permettent de mieux comprendre les attitudes sociales en présence.
Des travaux de recherche ont identifié six profils types de réaction face aux ZFE, qui permettent de mieux comprendre les attitudes sociales en présence.
À la clé, une bonne nouvelle : le groupe des « enthousiastes » est le plus représenté, le second étant celui des « alliés potentiels », convaincus des bienfaits de la ZFE pour la santé publique, mais inquiets de ses potentielles répercussions sociales. Un groupe qu’il est possible de convaincre à travers des mesures d’accompagnement ciblées.
À la clé, une bonne nouvelle : le groupe des « enthousiastes » est le plus représenté, le second étant celui des « alliés potentiels », convaincus des bienfaits de la ZFE pour la santé publique, mais inquiets de ses potentielles répercussions sociales. Un groupe qu’il est possible de convaincre à travers des mesures d’accompagnement ciblées.
Le 8 octobre 2026, les zones à faibles émissions (ZFE) reviennent au cœur du débat politique, avec l’examen d’une proposition de loi du Rassemblement national (RN) lors de sa niche parlementaire. Celle-ci vise à les supprimer définitivement, quelques mois après une première tentative avortée.
Cette chronologie témoigne d’une défiance vis-à-vis des ZFE, accusées d’être socialement injustes. L’argument est le suivant : elles ne bénéficieraient qu’aux habitants aisés des centres urbains au détriment des ménages modestes qui vivent en périphérie et qui, faute de moyens financiers ou d’alternatives de transport, verraient leur accès au centre-ville restreint, ce qui pourrait également limiter leurs possibilités d’emploi.
Une campagne de désinformation médiatique visant à discréditer les ZFE a encore amplifié le sentiment d’injustice sociale.
Read more: ZFE, de la suppression au sursis : une saga juridique qui n’a pas encore dit son dernier mot
Des travaux que nous avons menés menés à Grenoble (Isère) sur la vulnérabilité des ménages face aux ZFE montrent qu’il est possible d’identifier précisément les ménages les plus vulnérables et, parmi eux, ceux qui ne peuvent pas s’adapter à la ZFE. Ce sont ces derniers, finalement peu nombreux, que les dispositifs d’accompagnement ciblent en priorité.
Quels sont les liens entre adhésion aux mesures d’accompagnement et soutien aux ZFE ? Une nouvelle recherche que nous avons récemment publiée dans Transport Policy dresse six profils types. D’abord, trois groupes plutôt favorables : les enthousiastes, les anti-dérogations et les non concernés. Puis trois autres profils plus ou moins critiques : les alliés potentiels, les non-convaincus et les détracteurs.
Alors que les ZFE continuent de déchaîner les passions, ces résultats sont précieux, car ils peuvent permettre de mieux cibler les mesures d’accompagnement.
Des bénéfices démontrés à l’étranger
Trente ans après les premières ZFE instaurées en Suède, et avec près de 300 ZFE aujourd’hui en Europe, il est établi qu’elles ont conduit à une réduction des émissions de NO2 et de PM¹⁰ de 5 % à 25 %, des maladies cardiovasculaires ou encore du diabète. Elles permettent même de rattraper les déficits de développement pulmonaire causés par la pollution atmosphérique chez les enfants, ce qui est déterminant pour prévenir la morbidité respiratoire et cardiovasculaire à l’âge adulte.
Ces bénéfices dépassent la seule santé physique. À Londres (Royaume-Uni), la mise en place de la ZFE s’est accompagnée d’une baisse de 18,5 % des arrêts maladie, entraînant une amélioration significative de la productivité du travail. Les habitants y déclarent également être plus heureux, avoir une meilleure estime de soi........
