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Le commerce mondial entre dans l’ère de la preuve

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05.06.2026

Un texte de Pierre Courtemanche, Sustainability & Supply Chain Strategist.

LES IDÉES DES AFFAIRES. Depuis le début de l’année, j’alerte les décideurs politiques et les industriels canadiens sur l’émergence d’une nouvelle forme de protectionnisme américain fondée sur les chaînes d’approvisionnement et la capacité des entreprises à démontrer l’origine réelle de leurs produits.

Les annonces des derniers jours confirment clairement cette direction.

L’administration américaine prévoit imposer des droits de douane supplémentaires de 10 % sur les importations provenant de plusieurs partenaires commerciaux, dont le Canada, car ces pays n’en feraient pas suffisamment pour empêcher l’entrée de produits issus du travail forcé. D’autres pays, dont la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, le Brésil et la Suisse, pourraient faire face à des surtaxes de 12,5 %.

Mais le véritable enjeu dépasse largement ces nouveaux tarifs.

Ce qui se met progressivement en place est un système beaucoup plus vaste de contrôle d’accès au marché américain. Et il serait imprudent de croire que le Canada est véritablement protégé.

L’illusion du bouclier de l’ACEUM

Plusieurs observateurs chercheront sans doute à rassurer les entreprises canadiennes en rappelant que les produits conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique seraient exemptés de certaines de ces nouvelles mesures.

Techniquement, cette lecture est correcte.

Mais elle risque de créer un faux sentiment de sécurité.

La révision prévue cette année de l’ACEUM n’est pas une expiration automatique de l’accord. Même sans consensus politique, l’entente demeure en vigueur et des révisions annuelles peuvent se poursuivre jusqu’en 2035.

Mais cette mécanique juridique ne garantit pas la stabilité réelle du cadre commercial nord-américain.

Car la pression........

© Les Affaires