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Destituer Trump ou pas? Le dilemme cornélien des démocrates

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23.04.2019

Suite à la publication du rapport Mueller, le Parti démocrate est déchiré sur l’éventualité de déclencher un processus de destitution ou non. Les deux options comportent des risques pour eux, mais l’affirmative aurait le mérite de la cohérence.

Que feront les démocrates du Congrès avec le rapport Mueller, qu’ils attendaient si impatiemment? Le choix aurait été plus simple si le rapport avait conclu par une recommandation explicite de mise en accusation formelle du président, mais ce n’est pas ce qui a été fait. Cela ne signifie pas qu’il y ait lieu d’accepter passivement la conclusion hâtive qu’en ont tiré les partisans républicains du président Trump, avec en tête l’Attorney General William Barr.

Le rapport Mueller ouvre la porte à un processus de destitution

Le procureur spécial devait statuer sur deux mises en accusation possibles: celle d’avoir comploté avec les agents de la Russie dans leur ingérence illégale dans la campagne de 2016 et celle d’entrave à la justice pour avoir fait obstacle au cours normal des enquêtes sur cette affaire. Dans sa présentation du rapport, Barr a souligné que le procureur spécial n’a pas trouvé suffisamment de preuve pour conclure que la campagne Trump avait coordonné ses actions avec celles des agents russes au point de s’exposer à des accusations de complot. Dans la deuxième partie du rapport, Mueller identifie plusieurs actions qui peuvent être interprétées comme des entraves à la justice. Il s’abstient de recommander une mise en accusation mais refuse aussi d’exonérer le président. Barr et les partisans du président en ont conclu que Donald Trump était lavé de tout soupçon, mais ce n’est pas ce qu’une lecture attentive du rapport suggère.

Mueller note clairement que les directives et conventions du département de la Justice limitent le recours à des poursuites criminelles contre un président en exercice. Comme il pouvait se prononcer s’il jugeait la preuve insuffisante pour porter des accusations, ce qu’il a fait dans la première partie, le fait qu’il se soit abstenu de la faire dans la deuxième partie ne peut être interprété que comme une admission implicite que Mueller juge qu’il y a suffisamment de matière pour........

© Le Journal de Montréal