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Retour hâtif de Poulin: une mauvaise décision

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Marie-Philip Poulin est revenue au jeu trop tôt. 

Vous avez le droit d’être d’accord ou pas, ça vous appartient, mais de mon côté il n’y a même pas de doutes.

Dimanche dernier, après avoir subi une mise en échec tout à fait normale, Poulin a eu de la difficulté à revenir au banc et s’est immédiatement dirigée vers le vestiaire. Il était visible qu’il s’agissait de sa jambe droite, la même qu’elle s’était blessée aux Jeux olympiques.

Depuis, elle n’a pas patiné, n’a participé à aucun entraînement de son équipe et a fait du vélo stationnaire. On a confirmé mercredi qu’elle manquera le match de ce soir face au Torrent de Seattle à la Place Bell.

Selon ce que j’entends, il serait même surprenant qu’elle joue lors du voyage de l’équipe. La Victoire quitte pour 10 jours vers Winnipeg, Minnesota et Detroit.

Et toute cette situation aurait pu être évitée si on n’avait pas précipité son retour au jeu.

Je rappelle les faits.

Poulin s’est blessée le 9 février dans le match entre le Canada et la Tchéquie aux Jeux olympiques. Elle a manqué les deux matchs suivants et est revenue au jeu contre l’Allemagne en quart de finale.

Ce n’est pas de ce retour au jeu que je parle.

Je peux comprendre que les meilleures jouent blessées pendant les Jeux olympiques. L’enjeu est trop grand. C’est comme un match des séries, mais encore plus important.

D’ailleurs, plusieurs joueuses sont revenues de Milan amochées. Hilary Knight, Hannah Bilka, Kendall Coyne Schofield et Erin Ambrose ont toutes été placées sur la liste des blessées à long terme.

Elle a manqué le premier match de la Victoire après les Jeux , celui disputé à New York le 26 février, mais est revenue au jeu trois jours plus tard, contre Minnesota, lorsque Montréal jouait son premier match à domicile en plus d’un mois.

De retour, mais pas à 100 %

C’est de ce retour au jeu que je parle.

Bien qu’elle semblait à l’aise à l’entraînement et sur la glace durant le match en question, elle n’était toujours pas à 100 % à ce moment-là.

Ce n’est pas moi qui le dis. C’est Marie-Philip qui l’a avoué elle-même après le match.

Et ce n’est pas comme si on l’avait ménagée.

À son premier match, elle a joué 17 minutes et à son deuxième, 22. Dans les deux cas, elle a été la deuxième attaquante la plus utilisée après Laura Stacey. C’est beaucoup de hockey en moins de 48 heures.

Ensuite, l’équipe a eu une pause de 12 jours.

Pourtant, deux jours avant le match de dimanche dernier, elle a manqué l’entraînement de l’équipe. Pour « maintenance » qu’on nous a expliqué. Quand même curieux qu’on n’ait pas eu assez de 12 jours pour faire cette maintenance.

Et qu’est-ce qui arrive deux jours plus tard ?

Une petite mise en échec et on est de retour à la case départ.

Pourquoi pas sur la liste des blessées ?

Je me souviens d’avoir demandé à l’entraîneuse-cheffe Kori Cheverie de nous expliquer pourquoi on voyait autant de blessées au retour des Jeux, tandis qu’on ne voyait pas le même phénomène au retour des championnats mondiaux lors des deux dernières saisons.

Et sa réponse était très logique.

Elle m’a expliqué qu’il devait y avoir autant de blessées au retour des mondiaux, mais puisque ce tournoi était disputé en avril et qu’au retour, il n’y avait que quelques matchs à faire à la saison avant que les séries ne commencent, plusieurs joueuses jouaient blessées.

Or, cette année, avec un retour fin février et une moitié de saison encore à jouer, les équipes avaient le loisir de placer les joueuses sur la liste des blessées à long terme et prendre le temps pour ne pas précipiter un retour.

C’est ce que la Victoire a fait avec Erin Ambrose. Ce n’est pas ce qu’elle a fait avec sa capitaine.

Et je comprends que Poulin voulait certainement revenir au jeu plus tôt que tard et que son opinion a certainement pesé lourd dans la balance. Surtout que chez la Victoire, le statut de Poulin est impressionnant, même pour certaines personnes ayant un pouvoir décisionnel.

Mais c’est à l’équipe, une fois que l’opinion de l’équipe médicale a été donnée, de prendre la meilleure décision pour sa joueuse. La joueuse, surtout une compétitrice comme Marie-Philip, va toujours vouloir revenir trop tôt. C’est à l’équipe de la protéger d’elle-même.

Ce qui aurait dû être fait

On parle d’une gestion de risques ici et visiblement, on a perdu.

Pourtant, l’équipe avait une belle opportunité d’attendre.

Poulin n’a pas joué le match à New York.

Résultat ? L’équipe gagne quand même.

À Laval contre Minnesota, elle-même sans sa capitaine, l’équipe avait de bonnes chances de l’emporter sans Poulin. Même chose contre Toronto deux jours plus tard. D’ailleurs, on n’a pas arrêté de vanter les mérites de la profondeur de l’équipe lors de ces trois rencontres.

Et ensuite, 12 jours de pause !

Ça aurait donc permis à Poulin de ne pas jouer entre le 19 février, date du match de la médaille d’or, et le 15 ou 19 mars, l’un des deux matchs avant le voyage à l’étranger.

Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais serait-ce logique de penser que si on avait attendu tout ce temps, elle serait à 100 % ou plus près de l’être ?

Est-ce logique de penser que les risques auraient été moins importants ? Quelle était l’urgence de la ramener pour deux matchs avant une si longue pause ?

Maintenant, au lieu de pouvoir compter sur sa meilleure joueuse pour le dernier tiers de la saison, Montréal devra probablement se débrouiller sans elle pour les quatre ou cinq prochains matchs.

De plus, on vient d’augmenter les risques qu’elle se blesse à nouveau.

Montréal a une fiche d’une victoire et cinq défaites sans Poulin dans la formation, incluant les matchs où elle s’est blessée.

Et même si l’équipe est troisième au classement, à trois points des deux équipes de premières places, une série de défaites pourrait resserrer le tout avec des équipes comme Toronto, New York et Ottawa.

La gestion du retour au jeu de Marie-Philip Poulin devient donc primordiale et je souhaite vraiment que cette fois-ci, les bonnes décisions seront prises.


© TVA Sports