Matthews doit se sentir abandonné
Cinq petits matchs, c’est la durée ridicule de la suspension qu’aura à purger Radko Gudas pour avoir mis fin à la saison d’Auston Mathews. Aussi bien dire une tape sur les doigts, aussi bien dire une sentence bonbon.
Tout ce que Gudas a fait, après tout, c’est démantibuler le genou gauche du capitaine des Leafs en utilisant son propre genou gauche comme arme pour contrer son adversaire.
En faisant le bilan de ce triste incident, je me dis que Matthews doit se sentir abandonné. Si ça peut le consoler un peu, il n’est pas le premier joueur vedette dans la longue histoire de la Ligue nationale de hockey à subir un acte déloyal d’un adversaire sans scrupule.
La liste est longue comme d’ici jusqu’en Australie !
Bon, disons jusqu’en Floride.
Comme si ce n’était pas assez, aucun joueur des Leafs ne s’est porté à la défense de son capitaine. Cette indifférence doit faire encore plus mal à Matthews que la blessure que lui a infligée Gudas.
À tort ou à raison, Matthews porte l’étiquette d’un joueur sans émotion. Si c’est le cas, ses coéquipiers ont fait montre de la même passivité. Ils ont joué d’ailleurs comme des gars qui avaient déjà bouclé leurs valises pour partir en vacances lors de leur passage au Centre Bell, mardi soir.
Ils faisaient pitié à voir, les Leafs.
Un confrère torontois de longue date est venu me dire à l’oreille sur la passerelle de presse que George « Punch » Imlach devait se tourner dans sa tombe.
Au bénéfice de ceux pour qui ce nom ne dit rien, Punch était le directeur général et entraîneur qui a mené les Leafs à quatre conquêtes de la coupe Stanley dans les années 1960.
Leurs quatre plus récentes à ce jour.
Crime que le jeune garçon que j’étais à l’époque les haïssais !
Si Punch n’était pas le genre à endurer de la mollesse, imaginez l’entraîneur actuel de l’équipe torontoise, Craig Berube. Ce dernier a gagné sa vie dans la LNH avec la force de ses poings.
Après le match, Berube a déclaré que les quatre coéquipiers de Matthews qui se trouvaient sur la glace avec lui auraient dû se ruer vers Gudas.
Le défenseur Morgan Rielly a avoué ses torts, mais il était trop tard.
Inutile de dire que l’inaction des Leafs a été dénoncée en grosses lettres noires dans les quotidiens torontois.
Le titre du Toronto Sun allait comme suit : Pourquoi ne faut-il pas se surprendre de l’inertie des Leafs ?
Dans le Toronto Star, ça disait : L’absence de réaction des Leafs relègue leur victoire à l’arrière-plan.
Quand les joueurs dénonceront-ils les coupables ?
Or, tout ça aurait pu être évité si la LNH décidait de mettre ses culottes en matière de discipline. Pas seulement la ligue, mais l’Association des joueurs aussi.
Quand de gros noms vont-ils se lever pour dénoncer ces actes de violence qui ternissent l’image du hockey ?
Il n’y a pas eu de casse au tournoi olympique et tout le monde était d’accord pour dire que l’événement avait offert du jeu excitant et très compétitif.
Les équipes du Canada et des États-Unis étaient formées exclusivement de joueurs de la LNH. On en comptait un grand nombre chez les Suédois et les Finlandais. Il y en avait aussi au sein des formations suisse et allemande.
Enfin, mais il y a une bonne nouvelle dans tout ça. Le Canadien n’aura pas Gudas dans les pattes dimanche soir.
