Le Canadien n’a pas à transiger
Au moment de mettre sous presse hier soir, c’était le statu quo chez le Canadien. La direction des opérations hockey restait sur ses positions à l’approche de l’heure de tombée des transactions dans la LNH.
Jeff Gorton et Kent Hughes étudient le marché et soupèsent les offres qui leur sont présentées, mais jusqu’ici, rien ne les a poussés à réagir.
Sans plus de préambule, je pose la question qui tue.
Est-ce vraiment indispensable que le Tricolore fasse une transaction à ce moment-ci ?
À cette question, je réponds que ce ne serait pas la fin du monde si le Canadien terminait la saison avec l’effectif en place. Et ce, pour la simple et bonne raison que l’équipe actuelle n’est pas encore en position de prétendre à la Coupe Stanley.
Ça viendra bien, mais l’organisation doit continuer à manœuvrer avec les jeunes joueurs dont elle dispose et ceux qui s’en viennent.
Qu’elle continue à les laisser grandir et mûrir.
C’est quoi l’affaire avec Thomas ?
La position de l’équipe dans le dossier Robert Thomas est compréhensible.
La plus belle preuve est que les Sabres de Buffalo viennent à leur tour de décliner l’offre du directeur général des Blues, Doug Armstrong, qui exigeait l’équivalent de quatre choix de premier tour pour obtenir le talentueux joueur de centre.
Armstrong effectue son travail, mais il pousse fort.
Thomas n’est quand même pas du calibre de Wayne Gretzky ou d’Eric Lindros pour qui les Kings et les Flyers avaient donné des joueurs de qualité et 15 millions de dollars dans les deux cas pour s’approprier leurs services.
C’est comme si Armstrong voulait relancer son équipe avec un seul échange.
Mais pourquoi, au fait, le DG des Blues serait-il disposé à laisser partir Thomas ?
Y a-t-il un vice caché ?
Quand une organisation accorde un contrat de huit ans d’une valeur de 65 millions à son meilleur joueur, c’est qu’elle le considère comme le fer de lance de sa formation.
Hage et Reinbacher ne sont pas loin
Pour le Canadien, ce serait comme échanger Nick Suzuki.
Thomas n’a que 26 ans et, après la saison en cours, son entente contractuelle restera en vigueur pour les cinq prochaines campagnes. En termes budgétaires, ça pourrait convenir au Tricolore, mais au niveau de l’effectif, ça créerait des trous.
Là-dessus, je répète ma question : qu’est-ce qui ne va pas avec Thomas ?
On dit dans les coulisses qu’il n’est pas très porté sur le conditionnement physique et qu’il n’a pas la forme que les joueurs de la LNH doivent avoir de nos jours.
Attendons de voir jouer Michael Hage et David Reinbacher avant d’être prêt à les échanger à tout vent. Si Hage devenait le deuxième centre tant attendu et qu’Oliver Kapanen se retrouvait troisième, la ligne de centre serait drôlement bien nantie.
Le Canadien a beau connaître une très bonne saison, l’équipe actuelle n’est pas un produit fini, pour reprendre l’expression de Kent Hughes.
Brendan Gallagher, Josh Anderson et Phillip Danault ne seront plus là le jour où le Bleu-Blanc-Rouge deviendra un véritable prétendant aux grands honneurs. Il y a probablement d’autres joueurs qui partiront.
Cette équipe a besoin de plus de stabilité devant le filet. On a beau dire, on a beau faire, ça prend un bon gardien pour aller loin dans les séries.
Ça manque de robustesse à la défense. Et à l’attaque aussi. Pas tant des bagarreurs que des joueurs qui peuvent appliquer de solides mises en échec et en encaisser. Il faut de tout pour gagner.
Soyons encore patients.
