Cannes 2026, jour 2: ouvertures des sections parallèles avec «In Waves», «Mauvaise étoile» et «Butterfly Jam»
Cannes 2026, jour 2: ouvertures des sections parallèles avec «In Waves», «Mauvaise étoile» et «Butterfly Jam»
Jean-Michel Frodon – Édité par Émile Vaizand – 14 mai 2026 à 12h00
Les films de Phuong Mai Nguyen, de Lola Cambourieu et Yann Berlier et de Kantemir Balagov ont ouvert respectivement la Semaine de la critique, la sélection ACID et la Quinzaine des cinéastes.
Temps de lecture: 4 minutes
«In Waves», de Phuong Mai Nguyen (Semaine de la critique)
Intrigante est la mise en avant de In Waves par la Semaine de la critique. Non pas que l'animation ne puisse figurer en bonne place au Festival de Cannes. Elle ne cesse en effet de conquérir des positions en matière de visibilité et de places dans l'industrie. Hors Disney/Pixar et japanimation, des produits phares comme Flow (2024) ont atteint des sommets au box-office. Il est logique que cela se traduise aussi dans les sélections cannoises.
L'adaptation du roman graphique éponyme et autobiographique (paru en 2019) du surfeur et illustrateur américain AJ Dungo, par la réalisatrice d'origine vietnamienne Phuong Mai Nguyen, pouvait donc logiquement prétendre à une place. Mais pourquoi dans cette position particulière qu'est le film d'ouverture de la Semaine de la critique?
In Waves raconte l'émouvante histoire d'un adolescent californien (AJ), saisi simultanément par un double amour absolu, pour une jeune fille (Kristen) et pour le surf auquel elle l'initie, puis le combat de celle-ci contre le cancer. Émouvant, sympathique, plein de notations multiculturelles (ces États-Uniens sont d'origines et de colorations variées), le film n'en est pas moins soumis de manière particulièrement frappante aux limites de son moyen d'expression.
Histoire de corps, aimants et souffrants, histoire de confrontation aux éléments (l'océan), In Waves est totalement dépourvu de toute matérialité, de toute physicalité, de toute sensualité concrète. Autant dire que ce qui y manque est ce qui est l'apport spécifique du cinéma à toute narration,........
