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Rénover nos logements autrement: et si le Québec devenait un laboratoire?

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24.09.2026

EXPERTE INVITÉE. Il y a quelques mois, une discussion m’a fait remettre en question ma façon de voir la rénovation durable.

J’échangeais avec différents professionnels qui travaillent sur des projets immobiliers durables et sociaux tels que des architectes, des urbanistes, des courtiers en terrains et des professionnels du développement.

Nous parlions de rénovation lorsqu’un constat est revenu à quelques reprises. Rénover en profondeur certains bâtiments existants pour les rendre réellement performants peut parfois coûter presque aussi cher que de construire du neuf.

Je me suis alors posé une question assez simple: pourquoi un propriétaire choisirait-il de rénover?

Si je dois investir une somme comparable, mais que le bâtiment neuf est plus performant, nécessitera moins d’entretien et répondra mieux aux normes actuelles, la décision semble presque évidente.

Sauf qu’en poussant la réflexion, quelque chose ne fonctionnait plus. Parce que si nous arrivons tous à cette conclusion, que faisons-nous des milliers d’immeubles vieillissants que nous avons déjà?

On les démolit? On les laisse vieillir? Ou on trouve une façon de rendre leur rénovation financièrement intéressante?

Cette discussion m’est revenue en tête récemment en lisant les propositions électorales 2026 de la CORPIQ.

Selon les données qu’elle présente, 72,6% des immeubles locatifs québécois ont été construits avant 1990.

Autrement dit, près de trois immeubles locatifs sur quatre sont déjà rendus à un âge où la question de leur modernisation ne peut plus être ignorée. Et pendant que nous cherchons comment régler cette équation économique, une deuxième horloge continue de tourner. Celle du climat.

Une deuxième crise à ne pas oublier

Il y a dix ans, près de 200 pays adoptaient l’Accord de Paris avec un objectif commun, maintenir l’augmentation de la température mondiale bien en dessous de 2°C et poursuivre les efforts pour la limiter à 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle.

Dix ans plus tard, le constat est beaucoup moins encourageant. Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement, les politiques actuellement en place nous dirigent vers environ 2,8°C de réchauffement au cours de ce siècle.

Pour suivre une trajectoire compatible avec l’objectif de 1,5°C, les émissions mondiales annuelles devraient plutôt diminuer d’environ 55% d’ici 2035 par........

© Les Affaires