menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

André Chassaigne : « Si j’avais encore été député, j’aurais assisté à la messe du pape »

15 0
04.10.2026

Réélu à cinq reprises aux élections législatives, André Chassaigne fut député pendant vingt-trois ans, avant de démissionner – en 2025 – pour revenir comme adjoint au maire dans son village de Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme) dont il a été maire durant vingt-sept ans. Il n’a jamais quitté le Parti communiste français, où il s’est engagé à l’âge de 17 ans (il en a aujourd’hui 76), et dont il présida durant plus de dix ans le groupe à l’Assemblée nationale. Il vient de publier Cheminement d’un communiste en terre chrétienne (Ed. De Borée). Itinéraire d’un athée au regard très spirituel.

Le Point : Avez-vous suivi le voyage du pape ?

André Chassaigne : Non seulement je l’ai suivi, mais je me suis aussi intéressé aux émissions de télévision qui l’ont décrypté, et j’ai largement adhéré aux analyses qui en ont été faites. Avant sa venue, j’avais pris le temps de lire son encyclique Magnifica Humanitas. J’y ai retrouvé deux grands axes qui se sont concrétisés durant son séjour en France.

D’abord, ses propos sur la doctrine sociale de l’Église s’inscrivent dans la continuité des mutations de l’institution depuis la fin du XIXe siècle. Il les formule à sa manière, différente de celle du pape François, mais avec une sensibilité et des objectifs similaires. Ensuite, ses réflexions sur l’intelligence artificielle me semblent très inspirantes. Ses phrases extrêmement fortes sur le bien commun que sont le soleil, l’eau, l’air et les ressources naturelles résonnent avec ma propre vision de la politique. Dans son encyclique, Léon XIV souligne notamment que nous assistons à un véritable changement de paradigme avec l’extension de la technologie numérique. Il alerte ainsi sur le fait que l’IA risque d’appauvrir l’esprit humain, ce qui fait écho à l’assèchement actuel du débat public.

Par ailleurs, l’engouement de la jeunesse m’a frappé. Cela confirme ce que je constate au fil de mes interventions autour de mon livre : il y a aujourd’hui une authentique quête de sens. Dans la conscience collective, les grands repères se sont parfois effilochés ou perdus. L’histoire est faite de flux et de reflux des valeurs morales et humanistes, et le moment semble venu d’élans spirituels. Cette visite pontificale a mis en lumière quelque chose de profondément nouveau.

Quand vous parlez de « quelque chose de nouveau », vous pensez à cet engouement des jeunes et à leur besoin de croire ?

Oui, c’est la confirmation de ce que j’esquisse dans mon ouvrage. Une partie de la jeunesse, qu’elle soit issue d’un milieu catholique ou plus largement en recherche spirituelle, exprime un besoin fondamental de donner du sens à son existence. Une forme de dépassement de soi-même. Les retours que je reçois depuis trois semaines – de la part de........

© Le Point