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Y a-t-il quelqu’un qui est en contrôle?

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C’est drôle ce qui se passe depuis quelque temps, non ?

Je ne sais pas comment décrire ça.

C’est comme si les choses nous échappaient, qu’elles suivaient leur propre logique et qu’on ne pouvait plus rien contrôler.

La meilleure preuve de ça est la guerre en Iran.

Visiblement, Trump ne sait pas comment se sortir du merdier qu’il a créé.

Il n’en a aucune idée.

Mercredi, il s’est adressé à la nation américaine (et à la planète tout entière), et il n’a strictement rien dit.

C’était décousu, confus, incohérent.

Vous me direz que c’est toujours comme ça avec lui, mais là, c’était pire que jamais.

La région est en train de s’embraser et l’homme le plus puissant du monde part un Tweet Fight avec Bruce Springsteen !

Depuis le temps que vous me lisez, vous savez que je me tourne toujours vers le cinéma pour essayer de comprendre le monde dans lequel on vit.

La situation en Iran me fait penser à une scène d’Apocalypse Now. En pleine jungle, Willard (Martin Sheen) tombe sur une poignée de soldats américains qui défendent un pont.

C’est le foutu bordel, la situation est complètement chaotique, tout le monde se tire dessus, c’est à n’y rien comprendre.

Willard s’approche d’un soldat visiblement en état de panique.

« Qui commande ici ? lui demande-t-il

— C’est pas vous ? », lui répond le soldat, les yeux exorbités.

Personne ne sait ce qui se passe vraiment.

On regarde cette bibitte se développer comme un microbe dans une éprouvette et on ne sait pas où ça va nous mener.

Vers l’enfer ? Le paradis ?

Plus les experts parlent, moins on comprend.

Même les créateurs de l’IA ne savent pas quels seront les véritables impacts de cette Chose qu’ils ont inventée.

Ce gadget qui va révolutionner le monde dans lequel on vit échappe à tout contrôle, à toute autorité.

Allons-nous nous transformer en zombies, comme nos enfants ? Esclaves d’un produit mis en marché par des entreprises gonzilliardaires qui se foutent complètement de notre santé mentale ?

Nous sommes les cobayes de l’expérience la plus importante de l’histoire de l’humanité.

Notre avenir à tous est en jeu.

Et personne, PERSONNE n’a les mains sur le volant.

Cette semaine, à l’émission que j’anime sur les ondes du 99,5 FM QUB, le chroniqueur Rémi Villemure me parlait des deux dernières années du gouvernement de la CAQ.

« Pour reprendre l’expression que François Legault utilisait pendant la pandémie, on avait l’impression que la CAQ construisait l’avion en plein vol... »

Pas de destination, pas de tour de contrôle, pas de plan.

Comme disait Yvan Ponton dans les matchs de la LNI : « Improvisation mixte. Nombre de joueurs illimité. »

J’ai parlé à un policier du SPVM, cette semaine. Un gars qui s’occupe des gangs de rue. Il m’a dit qu’il n’avait jamais vu autant de crimes graves commis par des mineurs.

Ça tire de tous bords, tous côtés.

Ça ne fait pas deux jours qu’ils ont arrêté un jeune qu’ils le voient de nouveau dans la rue, libre comme l’air, une arme à feu dans les mains.

« On est en train de perdre le contrôle », m’a confié ce policier.

Même chose pour les infrastructures. Ça craque de partout. Les rues, les écoles, les hôpitaux.

On l’échappe, les amis.

On regarde tout ça aller, et on ne sait pas quoi faire ni par où commencer.

C’est comme si ça pétait partout.

Les sans-abri, la drogue, la délinquance, l’incivilité, la violence dans les écoles...

Et on se demande pourquoi autant de gens sont stressés, déprimés, dépressifs.

PRIME À L’INCOMPÉTENCE

C’était écrit dans le ciel.

Alain Généreux, l’un des acteurs majeurs du fiasco de SAAQclic, celui qui savait que le projet risquait de déraper solide, mais qui n’a rien dit aux élus de l’Assemblée nationale, n’a pas été puni.

Il a été promu. À la tête de l’informatisation du système de santé.

C’est comme ça au public. Tu gaffes ? Non seulement on ne te fout pas dehors, mais on te récompense !

Payé avec les impôts de tout le monde, bien sûr.

« Tous les signaux sont au vert », avait écrit monsieur Généreux à la ministre Guilbeault, en parlant de SAAQclic.

Il parlait probablement de son avenir dans la haute fonction publique québécoise...

MUSIQUE D’ASCENSEUR OU HEAVY MÉTAL ?

Sa campagne pour la chefferie de la CAQ a beau stagner, Bernard Drainville continue de rouler des mécaniques, de parler fort et de jouer les matamores.

Visiblement, le style de l’ex-ministre de l’Environnement ne plaît pas aux membres de la CAQ. Qu’importe : monsieur Drainville persiste et signe.

Plus Christine Fréchette baisse le ton, plus Bernard Drainville, lui, fait du bruit.

Dans le coin gauche, une technocrate lisse comme un drap de chambre d’hôtel. Dans le coin droit, un populiste qui bougonne et bardasse.

Un verre d’eau plate contre un six-pack de broue.

On ne peut pas dire que les choix ne sont pas clairs...

PESTE BRUNE ET PESTE ROUGE

L’eurodéputée Rima Hassan a été arrêtée pour apologie du terrorisme en France.

Et c’est cette militante que les ténors de la gauche québécoise ont invitée, la semaine dernière ?

On ne cesse de parler des dangers de l’extrême droite, depuis quelque temps. Et l’extrême gauche, les amis, elle ne vous inquiète pas ?

Entre l’extrémisme des uns et l’extrémisme des autres, qui sont les deux faces d’une même pièce, permettez-nous de n’en choisir aucun.


© Le Journal de Montréal