Quand la lutte contre le terrorisme est entrée dans nos vies ordinaires
La chercheuse Amani Braa constate que la tâche de détecter la radicalisation a graduellement été confiée aux enseignants, intervenants et proches, en particulier les mères.
Le 11 septembre 2001, près de 3000 personnes sont tuées aux États-Unis dans les attentats les plus meurtriers de l’histoire du pays. Les images des tours du World Trade Center en flammes, puis s’effondrant, font le tour du monde. Elles marquent durablement notre imaginaire du terrorisme : des attentats spectaculaires, des organisations à combattre, un ennemi à identifier
Vingt-cinq ans plus tard, cet héritage est toujours là, avec une transformation plus discrète. Du terrorisme comme évènement visible, brutal et spectaculaire, l’attention s’est progressivement portée vers ce qui se passe avant : les trajectoires individuelles, les comportements, les relations sociales et, finalement, la vie intime.
Autrement dit, nous sommes passés d’une question – comment lutter contre le terrorisme ? – à une autre : comment le prévenir avant qu’il ne se produise ?
Prévenir un acte qui n’a pas encore eu lieu suppose de chercher les signes de celui ou celle qui pourrait, un jour, passer à l’acte. Mais que faut-il surveiller ? Un changement de comportement, des fréquentations, des propos politiques, une pratique religieuse ? Pour certaines familles musulmanes, des gestes ordinaires deviennent........
