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Pourquoi les sciences économiques et sociales dérangent toujours, soixante ans après leur création

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23.09.2026

A la rentrée 1966, 200 classes de seconde expérimentaient une matière nouvelle, « initiation aux faits économiques et sociaux », destinée à structurer une nouvelle série du baccalauréat : naissaient ainsi les sciences économiques et sociales (SES), toujours présentes en filière générale de la seconde à la terminale, même si la série B, devenue ES, a disparu en 2020 avec la réforme Blanquer. 

Bien que sa pertinence ne se soit jamais démentie – bien au contraire –, cet enseignement n’a cessé d’être attaqué de toutes parts, avant même sa création. Ces luttes incessantes autour de la définition d’un « bon » enseignement des sciences sociales rappellent le caractère éminemment politique de l’éducation, tant pour les contenus transmis aux jeunes générations que pour les structures qui l’encadrent.

La naissance des SES s’inscrit dans le mouvement de démocratisation scolaire des années 1960 : le régime gaulliste transforme l’architecture éducative, mettant fin au cloisonnement entre ordres primaires (classes populaires) et secondaire (bourgeoisie). 

Conscient du « rôle de plus en plus grand que jouent dans notre culture les sciences de l’homme », le ministre de l’Education nationale Christian Fouchet promeut cette « nouvelle culture », aux côtés des lettres et des sciences exactes, malgré les réticences élitistes du général de Gaulle et de son Premier ministre Georges Pompidou, qui voulaient une hiérarchie claire des séries. Et sans tenir compte de l’opposition des professeurs de philosophie, qui y voient un empiètement sur leur territoire et lancent une pétition signée par de nombreuses figures de la discipline. Ni de celle des sciences et techniques de l’économie (STE), ancêtres de l’économie-gestion, qui entendent garder le monopole de........

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