« L’arc de Trump » : une glorification des États‑Unis… et surtout de leur président actuel
L’arc de triomphe est de longue date un instrument de glorification du pouvoir, utilisé par les empereurs romains puis par de nombreux souverains pour inscrire leur action dans la mémoire collective. Donald Trump souhaite reprendre cette tradition avec l’édification d’une monumentale arche à Washington pour célébrer les 250 ans de l’indépendance des États-Unis, un projet chargé de symboles patriotiques. Mais l’initiative suscite de vives controverses, ses détracteurs y voyant moins un hommage à la nation qu’une tentative d’inscrire durablement le trumpisme et son promoteur dans le paysage mémoriel américain.
Depuis l’Antiquité, les dirigeants politiques cherchent à graver leur action dans la pierre pour l’éternité. Parmi les monuments les plus chargés de symboles figure l’arc de triomphe. Né dans la Rome antique, il avait pour fonction de célébrer les victoires militaires et d’immortaliser la gloire des empereurs. L’arc n’était pas seulement un élément architectural. Il constituait un instrument de propagande destiné à rappeler au peuple la puissance du pouvoir et à inscrire le nom du souverain dans la mémoire collective.
Les exemples abondent dans l’histoire. L’Empire romain érigea les arcs de Titus, de Septime Sévère ou encore de Constantin afin de commémorer des campagnes victorieuses et d’exalter la grandeur impériale. Plusieurs siècles plus tard, cette tradition fut reprise par les souverains européens. En France, Napoléon Ier fit construire l’Arc de triomphe de l’Étoile afin d’honorer la Grande Armée et de donner une traduction monumentale à sa propre légende.
Si cette tradition perdure, c’est parce que l’arc de triomphe remplit une fonction particulière. Il matérialise la victoire, mais aussi la continuité historique. Il relie le présent à un passé glorifié. En érigeant un tel monument, un dirigeant affirme implicitement qu’il appartient à une lignée d’hommes exceptionnels ayant marqué leur époque. L’architecture devient alors un langage politique. Les monuments permettent de raconter une histoire nationale tout en mettant en scène celui qui en revendique l’héritage.
C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre le projet porté par Donald Trump.
Un monument… monumental
Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président a multiplié les initiatives destinées à remodeler le paysage........
