Pierrick Berthou : "L’eau sera un motif de délitement de nos sociétés ou un lien très fort de rassemblement humain"
2026 sera, assurément, une année particulière. Des inondations catastrophiques en début d’année et maintenant, nous vivons une sécheresse où un cortège de dégâts s’égrènent de jour en jour. À ce jour, deux tendances s’affrontent pour imposer leurs visions face aux événements. D’une part, la loi d’urgence agricole veut ouvrir la possibilité de doubler la capacité de retenues d’eau. Et, d’autre part, les tenants d’une écologie « bienveillante » militent ardemment contre toute capacité de retenue artificielle de l’eau. Ainsi, nous voyons en pleine sécheresse l’effacement du paysage de barrages, parfois séculaires, obligeant l’écoulement de millions de litres d’eau douces vers l’océan. En réalité, bien qu’elles semblent totalement antagonistes, ces deux options qui dominent le débat sont les deux faces d’une même pièce. Elles nous mèneront immanquablement vers la marchandisation de l’eau. D’autres pistes de réflexions doivent émerger, sans quoi nous déchanterons.
Chaque année, la quantité d’eau issue de la pluie est sensiblement la même. En France, nous avons, à peu près, 175 milliards de litres d’eau douce à notre disposition. Nos besoins annuels pour l’économie (foyers, industries, collectivités etc.) sont d’environ 5-6 milliards de litres, soit moins de 3 %. Cela signifie que si la quantité d’eau annuelle à notre disposition représente 1 litre, alors, nos besoins correspondent à... un dé à coudre ! Nos problèmes de quantité et besoins d’eau n’existent pas. N’en déplaise aux experts affirmant le contraire ! Ceux-là mêmes qui participent au climat délétère qui s’installe dans le pays.
La loi d’urgence agricole
La « consommation et le partage de la ressource en eau », la « perte d’eau par évaporation » sont des erreurs de vocabulaire qui pourrissent le débat, parce qu’inappropriées ! Ces erreurs de langages font croire que le moindre arrosage est un vol, une amputation, de la part des autres ! Or, nous n’avons aucun problème de quantité d’eau reçue ou utilisée. Nous avons un problème de gestion et de........
