"Ce qui manque, ce ne sont pas des débats apaisés mais des contextes où les interlocuteurs sont sommés de répondre"
On pourrait vous parler des dix sophismes qui trahissent un manipulateur, des techniques pour convaincre n'importe qui, des trois outils pour mieux débattre à table. Et vous voilà citoyen éclairé et engagé pour 2027. On rédigerait ça les yeux fermés : c'est notre métier, et c'est même ce qu'on vend.
Pourtant, on ne va pas le faire. Parce que la rhétorique n'est pas l'art de décrypter les discours ni de convaincre au forceps. C'est l'art de la parole qui produit une action. Autrement dit, elle ne vaut que dans un cadre où l'on peut agir. Et là, il faut qu'on parle.
Un « bon débat démocratique » ?
D'ici 2027, nous allons entendre des experts nous répéter ad nauseam qu'il faut « garantir les bonnes conditions du débat démocratique » : s'écouter, nuancer nos propos, débattre avec des arguments rationnels et fondés, mettre nos biais et nos affects de côté, nous départir de nos positions partisanes, comparer les sources, faire preuve d'esprit critique, ne pas tomber dans la caricature et la polarisation… Sous-entendu : nous serions des naïfs qu'il faudrait armer contre les beaux parleurs.
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Sauf que personne n'est dupe : 78 % des Français n'ont pas confiance dans la politique et 76 % jugent que la démocratie fonctionne mal, un record depuis la création du baromètre du Cevipof. Il n'a jamais fallu un cours de rhétorique pour sentir qu'on nous raconte des bobards. Et cette défiance entraîne la caricature du « tous pourris ».
Peut-être à juste titre, quand on voit........
