Comment les impôts financent le pire de l’extrême droite
Les temps sont durs, et les néonazis aussi ont besoin de votre argent. Comme d’ailleurs les suprémacistes, les royalistes, les anti-avortement, les négationnistes, les fascistes, les anti-climat, les homophobes et bien d’autres du même acabit. Combien voulez vous leur donner ? Rien, dites-vous probablement, et pourtant Libération révèle qu’une dizaine de groupuscules de cette mouvance, certaines faisant ouvertement la promotion d’idéologies racistes, sont financés par les contribuables français. Au cœur de ce système opaque, opère loin des regards du fisc un dévoiement des textes hérités de la loi régulant la fiscalisation des associations caritatives : la «loi Coluche».
Ce texte, vital pour le tissu associatif, permet de déduire de ses impôts 66 % des dons versés aux structures «d’intérêt général». Estimée à plus de 2,5 milliards d’euros par an, cette subvention indirecte bénéficie dans son immense majorité à des associations qui ont bien une utilité publique. Mais elle est devenue aussi, au fil des années, le financement principal de l’extrême droite radicale, qui se gave d’argent public tout en prônant – car ces gens-là n’en sont pas à une contradiction près – l’arrêt des subventions culturelles ou caritatives.
C’est ainsi que l’institut Iliade, fondé en 2014 pour porter la mémoire du théoricien raciste Dominique Venner qui s’est suicidé en 2013 dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, a perçu de 2021 à 2023 (derniers comptes rendus publics) plus d’un million d’euros de dons. Soit, sur la période, près de 700 000 euros de potentiel manque à gagner de recettes fiscales pour l’Etat.
Toute la mouvance exploite le même mécanisme. Des royalistes nostalgiques de l’Action française aux adeptes complotistes du «grand remplacement», bien des promoteurs d’idéaux particulièrement nauséabonds sont financés par le contribuable. Il est grand temps d’arrêter ce pillage, ce serait là une mission qui relève clairement de ce fameux «intérêt général».
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