Talent invisible: la compétence ne ressemble pas à ce que vous croyez
EXPERTE INVITÉE. Pourquoi associe-t-on encore le talent à ce qu’on voit? Il y a un moment dans mon entrevue avec Marie-Sol St-Onge, lors de la saison 2 de Capable qui m’a fait réfléchir à la façon dont on évalue le talent. Je ne me prétends pas spécialiste en ressources humaines. C’est une réflexion dont je vous fais part, nourrie par son histoire et par la mienne.
Marie-Sol est artiste peintre, auteure, conférencière et chroniqueuse, établie à Trois-Rivières. En 2012, une bactérie mangeuse de chair lui a coûté ses quatre membres. À partir de ce moment-là, elle pensait que sa vie artistique se terminerait.
Quelques semaines après l’amputation, son conjoint Alin lui attache un crayon sur le moignon avec du duct tape. Il la laisse devant une feuille blanche. Elle dessine. Et là, quelque chose se passe dans sa tête.
«C’est pas mes mains qui peignaient. C’est moi. Et moi, je suis encore là.»
Ce qu’elle m’a dit m’a amené à me poser une question: pourquoi associe-t-on encore le talent à ce qu’on voit?
Ce que j’entends par talent invisible
Le talent invisible, c’est ce qu’une personne sait faire, ce qu’elle comprend, crée, mais que personne ne voit parce que ça ne ressemble pas à ce qu’on s’attend à voir.
Je trouve que, trop souvent, on reconnaît quelqu’un de compétent à des signaux extérieurs: son nombre d’abonnés, ses diplômes, son réseau de contacts, les gens qu’il fréquente. Tout ça mesure la visibilité. Pas le talent.
Une personne peut exceller en télétravail et ne pas se sentir à sa place dans un bureau à aire ouverte. Une autre peut prendre du temps avant de répondre parce qu’elle pense en profondeur, dans un monde qui confond rapidité et intelligence. Dans les deux cas, la compétence est bien là. C’est l’environnement, ou le format d’évaluation, qui ne la capte pas.
Deux parcours différents, un même constat
Marie-Sol et moi n’avons pas la même histoire. Sa différence est visible et acquise après........
