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Investisseurs, souffrez-vous du syndrome du gardien de but?

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11.06.2026

EXPERT INVITÉ. À chaque grande compétition de soccer, j’aime revenir sur ce que j’appelle le «syndrome du gardien», une observation comportementale fascinante qui trouve également de nombreux échos dans l’univers de l’investissement. Alors que la Coupe du monde 2026 débute jeudi avec un format inédit réunissant 48 équipes et 104 matchs, une question universelle refait surface: faut-il systématiquement agir lorsqu’un risque apparaît?

Derrière chaque penalty se cache une leçon précieuse pour les investisseurs, car les études montrent que, tout comme les gardiens plongent souvent pour éviter d’être accusés de ne rien avoir tenté, les investisseurs ressentent fréquemment le besoin d’agir face à l’incertitude, même lorsque l’inaction constitue parfois la meilleure décision.

À l’heure où l’intelligence artificielle, les tensions géopolitiques, les banques centrales et les valorisations élevées alimentent un flux continu d’informations, savoir quand ne rien faire pourrait bien devenir l’un des avantages les plus précieux pour préserver et faire fructifier son capital. Synthèse et analyse.

Vous vous êtes peut-être déjà demandé ce qu’un gardien de but devait faire lorsqu’il se retrouve seul face à un tireur de penalty.

Doit-il plonger à droite, plonger à gauche ou rester au centre de son but?

Une étude devenue célèbre, réalisée par les chercheurs Michael Bar-Eli, Ofer Azar, Ilana Ritov et leurs collègues, a tenté de répondre à cette question en analysant plusieurs centaines de penalties disputés dans différents championnats internationaux. Les résultats furent particulièrement surprenants.

Les gardiens plongeaient à gauche ou à droite dans près de 94% des cas, ne restant au centre que dans environ 6% des situations.

Pourtant, lorsque les chercheurs ont comparé les probabilités réelles d’arrêt, ils ont constaté que rester au milieu du but offrait souvent des chances de succès comparables, voire supérieures, à celles obtenues en plongeant.

En parallèle, les tireurs envoyaient le ballon à droite dans environ 39% des cas, à gauche dans 32% des cas et au centre dans près de 29% des situations.

Statistiquement, les gardiens sous-utilisent donc la stratégie consistant à rester immobile. Pourquoi? Parce qu’un gardien qui reste au centre et encaisse un but paraît passif aux yeux des supporters, des entraîneurs et des médias.

À l’inverse, un gardien qui plonge donne le sentiment d’avoir tout tenté, même lorsque son choix réduit objectivement ses chances de succès.

Pourquoi notre cerveau déteste l’inaction

Cette étude illustre parfaitement ce que les économistes comportementaux appellent le «biais d’action» ou action bias.

Les travaux de Daniel Kahneman et Amos Tversky ont montré depuis longtemps que les individus préfèrent souvent agir plutôt que rester passifs, même lorsque l’inaction représente la décision rationnelle.

Le problème est que notre cerveau associe souvent mouvement et efficacité alors que les deux notions sont très différentes.

Sur les marchés financiers, ce phénomène est omniprésent.

Lorsqu’une guerre éclate, qu’une banque centrale surprend ou qu’une statistique déçoit, l’investisseur ressent........

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