La droite est rendue woke!
Vous connaissez la théorie du fer à cheval ?
Plus la gauche et la droite se radicalisent, plus elles se rejoignent, comme les extrémités d’un fer à cheval.
C’est exactement ce qui arrive.
À force de combattre le wokisme de gauche, la droite a fini par devenir, elle aussi, woke.
C’est la thèse qu’avance le politologue français Thibault Muzergues dans son livre La droite woke.
La droite et la gauche sont comme les deux faces d’une même pièce. Comme une image qui se reflète dans un miroir. La droite a adopté les stratégies et les discours de la gauche woke en les inversant.
La gauche woke trouve que les femmes sont toutes victimes du méchant patriarcat ?
La droite woke dit que les hommes sont tous victimes du méchant féminisme. Ce sont désormais les valeurs féminines qui gouvernent le monde, et les hommes sont les grands perdants de la guerre des sexes.
La gauche woke trouve que les migrants sont menacés et les « de souche », menaçants ?
La droite woke inverse la proposition, et affirme que ce sont les migrants qui menacent les « de souche ».
La gauche woke ne cesse de se poser en victime ?
La droite woke se dit ostracisée, muselée, boudée par les médias.
La gauche woke censure certains livres sous prétexte qu’ils véhiculent de mauvaises valeurs ?
La droite woke fait de même.
La gauche woke est obsédée par l’identité ?
Idem pour la droite woke, qui défend la race blanche et l’idéologie judéo-chrétienne.
La gauche woke affirme que les minorités sont opprimées ?
La droite woke dit que c’est la majorité qui est opprimée.
La gauche woke accuse les gens de droite d’être fascistes ?
La droite woke accuse les gens de gauche d’être totalitaires.
C’est la même rhétorique, le même discours, mais à l’envers.
« Cette logique d’excommunication est influencée par une culture d’influence chrétienne, selon laquelle il n’y aurait qu’une seule façon d’adorer Dieu, a dit le politologue au journal Le Figaro. Les autres, ceux qui pensent différemment de moi, seraient de dangereux hérétiques. »
D’un bord comme de l’autre, on diabolise le camp adverse.
Pour la gauche woke, la droite a toujours tort.
Et pour la droite woke, la gauche a toujours tort.
Chacun campe sur ses positions. Et les citoyens regardent cette interminable partie de ping-pong en haussant les épaules.
De dire Thibault Muzergues : « L’électorat moyen est beaucoup moins radical que les militants de chaque parti. Les gens veulent avant tout que le gouvernement fonctionne, que les services publics soient efficaces, que les problèmes du quotidien soient traités. »
Que la solution vienne de la gauche ou de la droite, le citoyen moyen s’en fout. Est-ce qu’elle est sensée et nous permet d’avancer ? Parfait, alors appliquons-la !
Comme disait Bob Dylan : « Il n’y a pas de droite ou de gauche. Seulement un haut et un bas. »
Malheureusement, autant la gauche woke que la droite woke ont de plus en plus tendance à oublier les « gens ordinaires » au profit des militants radicaux purs et durs.
Résultat : les extrêmes montent et le centre s’affaisse.
