menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Une génération anxieuse

21 0
13.08.2026

En début de semaine, un rapport publié par Tel-jeunes nous apprenait que 40 % des filles et 24 % des garçons souffraient d’anxiété. Pire : 11 % des jeunes filles âgées de 15 à 19 ans rapportaient avoir déjà eu des idées suicidaires au cours des douze derniers mois. À ce stade, il ne s’agit plus d’un problème d’ordre psychologique, mais d’un problème de société.

Ce phénomène social qu’il est urgent de régler a plusieurs facettes, et les distinguer permettrait peut-être d’agir sur elles de façon plus efficace. Il en est une dont il a été assez peu question dans les articles et lors des reportages qui ont suivi la publication de ce rapport : c’est le lien entre cette anxiété généralisée et les conditions d’existence de la majorité de ces adolescents, à savoir leur dépendance aux écrans. Un tel lien relève pourtant de l’évidence et il a été souligné et analysé par plusieurs auteurs, notamment, aux États-Unis, Jonathan Haidt (Génération anxieuse, Les Arènes, 2025) et, au Québec, Stéphane Kelly (L’enfant vieux, Boréal, 2025).

Quand on voit ces adolescents d’aujourd’hui, dès qu’ils ont deux minutes de libre, le visage baissé sur le minuscule écran de leur téléphone, parfois avec des écouteurs vissés à leurs oreilles, retranchés du monde qui les entoure, on comprend aisément qu’ils ne soient pas épanouis ni très heureux. Nul ne le serait à vivre ainsi enfermé dans une bulle ! L’être humain n’est tout........

© Le Devoir