Trump, le grand bond en arrière
Pendant un quart de siècle, la Chine fut dirigée par celui qu’on appelait « le Grand Timonier », un grand « leader » dirait-on aujourd’hui, mot plus contemporain mais ô combien galvaudé à l’époque de Donald Trump. Mao a pourtant conduit son peuple à l’une des plus grandes famines du XXe siècle.
Cette famine a suivi cette période fébrile appelée « le grand bond en avant », lorsqu’à la fin des années 50, l’empire du Milieu voulut donner un grand coup d’accélérateur à son industrialisation. Le mot d’ordre fut alors de hausser à tout prix la production agricole qui devait financer ce virage économique. En découla un effet pervers qui enlisa au contraire le pays dans une misère absolue.
Je laisse l’historien Yuval Noah Harari décrire, dans Homo deus, Une brève histoire du futur, les conséquences qu’eurent les directives du Parti communiste chinois dans les campagnes chinoises : « Inquiets de formuler la moindre critique et désireux de s’attirer les bonnes grâces de leurs supérieurs, les responsables locaux concoctèrent des rapports imaginaires qui faisaient état de hausses spectaculaires de la production agricole. Les chiffres truqués remontèrent les échelons de la hiérarchie bureaucratique, et chaque cadre les exagéra encore, ajoutant ici ou là un zéro d’un trait de plume ».
Sur la base de chiffres tronqués, les autorités........
