En attendant Héros
Figure-toi que cette semaine, j’ai installé moi-même une corde à linge. Voilà qui mérite d’être écrit dans le journal. Mon plus vieux fils a eu 17 ans aussi. Ça doit être normal tout ça, même si y a pas deux secondes, il avait l’air d’une cacahuète. Parfaitement, oui, il avait l’air d’une cacahuète avec un chapeau. Tu sais comment sont les bébés quand ils naissent ? Nus avec une tuque. On leur installe quelques millisecondes après la naissance. Je ne sais pas si c’est pour leur annoncer qu’ils sont nés dans un coin du monde où il fait froid huit mois par année. Je regardais mes bonnets et mes foulards justement, il y a quelques jours. Je voulais les ranger dans un sac hermétique, je me disais « Tiens, pourquoi on a autant de vêtements chauds ? C’est bizarre, j’entends les cigales chanter. » Mieux vaut tout remiser au sous-sol.
T’as déjà regardé ton manteau d’hiver en plein juillet ? On dirait un anachronisme. Une montre au poignet d’un acteur au VIe siècle avant Jésus-Christ. Pareil. « Ça doit pas être à moi, ce truc. » Pourtant, si y a bien une affaire qui est à un Québécois, c’est son christie de manteau d’hiver. On le porte comme deuxième peau. On est tellement habitués à en voir sur les passants que lorsque viennent les beaux jours, on ne se dit pas qu’ils les ont enlevés, mais plutôt que nos yeux ont dû développer le talent de voir à travers ! Ça paraît plus plausible. Mais les terrasses reviennent et les parasols aussi et on lape tout ça comme du petit-lait.
Il était tout bleu, mon fils, quand il est né. Très fatigué. Tout mou. On me l’a enlevé aux........
