La peur n’a jamais fondé une nation
Au moment où les États-Unis célèbrent le 250e anniversaire de leur Déclaration d’indépendance, le Québec gagnerait à profiter de cette commémoration pour réfléchir à lui-même. Les anniversaires historiques ne servent pas seulement à honorer les morts. Ils permettent aussi de mesurer ce que les vivants ont fait de l’héritage qu’ils ont reçu.
Quel peuple voulons-nous être ?
Les images de groupes suprémacistes blancs défilant publiquement lors des célébrations du 4 juillet rappellent une vérité dérangeante : aucune démocratie n’est définitivement à l’abri de la haine. Les vieux démons de l’intolérance ne disparaissent jamais complètement ; ils réapparaissent lorsque les sociétés cessent de les combattre.
Le Québec ne fait pas exception.
Je refuse qu’il soit résumé par les voix les plus anxieuses, les plus méfiantes ou les plus réactionnaires de notre espace public. Je refuse également que l’on entretienne l’idée que l’autre représente d’abord une menace avant d’être un citoyen, un voisin, un collègue ou un ami.
Depuis quelques années, le débat démocratique cède trop souvent la place à une politique de l’inquiétude permanente. On parle davantage de ce qui nous sépare que de ce qui nous rassemble. Des réalités complexes sont réduites à des récits simplistes, jusqu’à ce que certains en viennent à juger une personne d’abord selon son origine plutôt que selon ses gestes.
Les mots ne créent pas, à eux seuls, le racisme. Mais ils peuvent banaliser les préjugés. Lorsqu’un même récit est répété sans relâche, lorsqu’on laisse croire que certains Québécois seraient toujours un peu moins........
