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Cyclisme : l’ogre Tadej Pogacar à l’assaut de Milan-San Remo

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19.03.2026

Dans la côte de la Cipressa, dans celle du Poggio, au sprint sur la via Roma, il a tout essayé : voilà cinq ans que le Slovène tente de remporter Milan-San Remo. Où attaquer samedi pour cette 117e édition, là est la question ?

Est-ce parce que la magie d’un départ au pied de la cathédrale du Duomo et son architecture monumentale fait aujourd’hui partie du passé, ce qui donnait à la Classicissima un air de longue procession religieuse avec 300 bornes au compteur dont une grande partie dans la plaine du Pô ?

Est-ce parce que, dorénavant, les coureurs s’élancent de Pavie, au sud de Milan pour rejoindre San Remo sur la côte ligurienne ? Quoi qu’il en soit, après une 12e place pour sa première participation en 2020, Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG) n’a jamais fait mieux que 3e, lors des deux dernières éditions.

Et pourtant, ce n’est pas l’envie qui manque au Slovène d’inscrire l’un des deux monuments du cyclisme mondial qui lui manque à son palmarès long comme un guidon de triathlète. La Primavera s’est jusqu’à présent toujours refusée au meilleur coureur du monde.

« Ce n’est un secret pour personne que Milan-San Remo est une course que j’aimerais gagner. Je pense que ça me convient bien, mais ça va aussi à beaucoup d’autres gars de haut niveau. Je vois cela comme un bon défi », a-t-il déclaré dans un communiqué, et de rajouter : « J’ai fait beaucoup de reconnaissances sur le Poggio et c’est une montée que je connais très bien. L’équipe était exceptionnelle à Strade Bianche (gagnée le 7 mars – NDLR) et si nous pouvons répéter cette performance, tout est possible pour nous. La concurrence sera élevée comme toujours, mais nous y sommes habitués et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour un résultat. »

Une équipe top niveau

Pour arriver à ses fins et rassasier son appétit d’ogre, Pogi ne veut pas lésiner sur les moyens et s’offre cette année une garde rapprochée de premier plan. Malgré les absences de Tim Wellens et de Jhonathan Narvaez – victime d’une fracture des vertèbres –, Pogacar pourra compter sur une équipe top niveau.

Le double champion du monde (2024, 2025), à la recherche de cette première victoire sur la Primavera qui lui manque tant, sera entouré d’équipiers de luxe comme Isaac Del Toro, Jan Christen, Brandon McNulty, Felix Großschartner, Domen Novak et Florian Vermeersch.

Question tactique, pour enfin inscrire son nom au palmarès de ce Momument, les avis divergent. Côté UAE, l’un de ses directeurs sportifs, Fabio Baldato, c’est dans la Cipressa, dont le sommet est situé à un peu plus de 20 kilomètres de l’arrivée, que tout devra se jouer : « Je pense que c’est possible de porter l’attaque décisive et de s’isoler dans la Cipressa. La montée est assez courte (5,6 km à 4,1 %, dont un passage à 9 %) et la vitesse est extrêmement élevée. Il faut rouler à plus de 35 km/h environ. Les jambes sont encore relativement fraîches, car il n’y a pas beaucoup de montées avant. C’est donc faisable. »

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Pour Eddy Merckx, recordman de victoires sur l’épreuve (7 succès), interrogé par le quotidien sportif italien, la Gazzetta dello Sport : « Même s’il peut distancer tout le monde sur la Cipressa et que l’année dernière, seuls Van der Poel et Ganna avaient réussi à le suivre, pour moi le moment opportun pour Pogacar sera d’attaquer dans le Poggio. »

Mais voilà, le cyclisme est loin d’être une science exacte, surtout lorsque l’on aborde Milan-San Remo. 293 kilomètres, une longue traversée de la plaine du Pô, plate comme la paume de la main avant enfin d’attaquer le passo del Turchino et enchaîner les capi (montées), cette classique est l’une des plus dures à gagner, car l’une des plus ouvertes.

Faute de grosses difficultés favorables à un coureur comme le Slovène, les sprinteurs, les puncheurs, ont souvent eu leur mot à dire. Et des maux, Pogacar en a connu. Il pourrait cette année en connaître d’autres.

La concurrence est bien là et ne se gênera pas pour briser les rêves de Pogi, à commencer par le dernier vainqueur. Le Néerlandais Mathieu Van der Poel (Alpecin-Premier Tech) arrive avec une sacrée pancarte dans le dos. Un succès dans le Omloop Nieuwsblad, le 28 février, et surtout deux étapes sur Tirreno-Adriatico, les 10 et 12 mars, où il a éparpillé façon puzzle ses adversaires.

« Van der Poel, qu’on a vu sur Tirreno-Adriatico, ne sera pas facile à battre. Bien au contraire. Tadej doit le distancer, car après 300 kilomètres sur la via Roma, s’ils étaient encore ensemble, le favori serait Mathieu. La longue distance pourrait jouer en sa faveur », termine Eddy Merckx.

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Mais au-delà du duel entre les deux hommes, d’autres pourraient profiter du mano a mano. L’Italien Filippo Ganna (Ineos Grenadiers), deuxième l’an passé, ou encore Wout Van Aert (Visma-Lease a Bike) ont de quoi tirer leur épingle du jeu.

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