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La Chine est désormais le premier partenaire commercial de l’Allemagne et voilà ce que ça change pour l’Europe

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20.05.2019

Michel Ruimy : La Chine a été, en 2018, pour la troisième année consécutive, le premier partenaire commercial de l’Allemagne avec un volume total d’échanges de près de 200 milliards d’euros. Ce montant se ventile respectivement en près de 93 milliards d’euros d’exportations en provenance d’Allemagne et 106 milliards d’euros d’importations en provenance de Chine, l’Allemagne ayant traditionnellement un léger déficit commercial avec l’empire du Milieu.
Mais la Chine n’est pas la principale destination des exportations de l’Allemagne. Elle est devancée par les États-Unis (113 milliards d’euros) et la France (105 milliards d’euros). A cet égard, les exportations allemandes sont surtout constituées de produits industriels : voitures, camions, machines, produits chimiques. On peut dire que l’Allemagne mériterait, peut-être, plus que la Chine, le surnom d’« atelier du monde ». Pour ce qui concerne les importations, la Chine occupe la première place, suivie des Pays-Bas avec 98 milliards d’euros et de la France avec 65 milliards d’euros.
Le quasi-équilibre commercial de l’Allemagne avec la Chine suggère qu’avec de bons produits, il est possible de s’engager dans un commerce mutuellement bénéfique. L’excédent commercial de l’Allemagne le plus élevé est réalisé avec les États-Unis (49 milliards d’euros), suivis du Royaume-Uni (45 milliards d’euros) et de la France (40 milliards d’euros).
Ainsi, l’Allemagne entretient des relations commerciales excédentaires avec de nombreux États mais une grande partie du déséquilibre est interne à l’Europe et même à la zone euro. Ce déséquilibre constitue aujourd’hui l’un des obstacles à une vraie reprise économique, notamment dans les pays de l’Europe du Sud. Cette situation a évidemment de très grandes implications. Dans un environnement où l’Economique prime sur le Politique, est-il besoin de réfléchir lorsque vous devez gérer un important volume d’affaires extra-européen, presque disproportionné comparé aux flux intra-européens ?
Pourtant, devant les défis géopolitiques (protectionnisme de M. Trump, recentrage de la Chine) et le ralentissement économique mondial, il suffit d’observer les difficultés de l’industrie automobile, cheville ouvrière du modèle industriel exportateur allemand, représentant, à elle seule, 20% de l’industrie nationale et exportant plus des ¾ de ses véhicules. Les cailloux qui s’accumulent sur sa route constituent un concentré des défis auxquels l’Allemagne se trouve confrontée.
Si l’actuel ralentissement ne conduit pas à une profonde réflexion sur son modèle de croissance, l’Allemagne pourrait connaître, à l’avenir, de sérieuses........

© atlantico