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L’étrange capacité du capitalisme financiarisé à perdurer envers et contre tout

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14.10.2019

Michel Ruimy : Il y a une quarantaine d’années, des traders et des courtiers (brokers) passaient leurs journées à crier voire hurler leurs ordres. Aujourd’hui, si les marchés financiers semblent être déconnectés de la macroéconomie. Ceci est dû, dans une certaine mesure, aux ordinateurs qui ont pris progressivement le pouvoir dans les salles de marché. En effet, les fonds gérés par des systèmes informatiques représentent actuellement environ 35% de l’intégralité de Wall Street mais, surtout, près de 60% de la gestion institutionnelle et 60% de l’activité de « trading ». L’encours de la « gestion passive » (fonds indiciels, trackers…) a ainsi dépassé la « gestion active » (fonds gérés par des individus).

Or, ces ordinateurs deviennent de plus en plus autonomes. En effet, si les modèles informatiques sont conçus par un esprit humain, de plus en plus de programmes sont autonomes du fait de l’intelligence artificielle. Ceci est particulièrement sensible dans le « trading de haute fréquence » qui représente une très large part du volume des 7 milliards d’actions traités quotidiennement sur les marchés américains (pour un montant de 320 milliards de dollars).

Le cœur de la problématique est donc que de plus en plus de fonds spéculatifs ont opté pour une gestion algorithmique. Ces « nouveaux maîtres de l’univers » ont tendance, sans état d’âme, à amplifier les mouvements et à élever la valorisation de certaines entreprises à des niveaux spectaculaires. Cette situation présente des dangers pour la stabilité financière et pour la gouvernance des entreprises. Elle concentre également la richesse dans les mains de ceux qui détiennent le pouvoir de ces machines.

C’est pourquoi, il convient de réguler la Finance et non les mouvements de capitaux voire revenir à leur contrôle strict pars........

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