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Faut-il redouter un éclatement de la bulle de l’IA ?

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14.09.2026

Eclatera ? Eclatera pas ? Voilà plus d’un an que les records d’investissement et de valorisation boursière des géants de l’intelligence artificielle (IA) alimentent le débat sur l’existence d’une bulle financière. Signe précurseur ? Du japonais SoftBank au coréen Samsung, les géants asiatiques du numérique ont reculé en Bourse sur leurs marchés respectifs ce week-end à la suite des alertes lancées par les patrons des grandes sociétés états-uniennes de l’IA autour des dangers de cette technologie. Décryptage des mécanismes qui ont abouti à la formation de cette mégabulle.  

Les montants d’investissement sont désormais tels, que leur rentabilité pose question. Microsoft, Google, Amazon, Meta, Oracle devraient dépenser à eux cinq plus de 700 milliards de dollars en 2026, pour l’essentiel dans l’IA. Depuis 2025, plus de 1 000 milliards ont été investis par ces géants. Pour l’année prochaine, les estimations tournent autour de 1 300 milliards, soit quasiment le double des montants déjà faramineux de cette année.

Le sujet n’est plus de savoir si l’IA va s’imposer ou pas dans les usages. ChatGPT, Claude et consorts sont déjà massivement utilisés. Pour ne prendre que le cas de la France, 67 % des entreprises de plus de 20 salariés déclarent utiliser l’IA générative et 57 % des Français l’ont utilisée dans le mois. La question est plutôt de déterminer si le marché futur de l’IA atteindra une taille suffisante pour rentabiliser l’ampleur des investissements réalisés aujourd’hui. Comme le résume sobrement le rapport annuel de la Banque des règlements internationaux (BRI) :

« Les épisodes historiques de booms d’investissement offrent des parallèles instructifs. La frénésie des canaux [fluviaux, NDLR] dans les années 1830 […] et la bulle Internet à la fin des années 1990 ont tous un point commun : une véritable percée technologique qui a attiré des capitaux dépassant ce que les rendements commerciaux pouvaient justifier. Ces épisodes se sont soldés par un retournement de situation, provoquant des récessions généralisées. »

« Les épisodes historiques de booms d’investissement offrent des parallèles instructifs. La frénésie des canaux [fluviaux, NDLR] dans les années 1830 […] et la bulle Internet à la fin des années 1990 ont tous un point commun : une véritable percée technologique qui a attiré des capitaux dépassant ce que les rendements commerciaux pouvaient justifier. Ces épisodes se sont soldés par un retournement de situation, provoquant des récessions généralisées. »

BIS Annual Economic Report 2026, BRI, 28 juin 2026.

BIS Annual Economic Report 2026, BRI, 28 juin 2026.

Le modèle économique des outils d’IA reste incertain, mais l’essentiel du marché devrait reposer plutôt sur la clientèle des entreprises. Les vendeurs de solutions d’IA proposent aux firmes des agents conversationnels ou d’autres outils pour automatiser une part de la production. Mais quelle ampleur prendront les gains de productivité qu’ils engendreront pour les entreprises clientes ? Impossible pour l’heure de le savoir. Une chose est sûre néanmoins : les flux d’investissement actuels supposent un marché colossal pour être rentabilisés.

Surinvestir pour rafler la mise

Dans un article de la BRI, l’économiste Phurichai Rungcharoenkitkul estime ainsi que le secteur investit 1,5 fois trop. Selon ses hypothèses, au-delà d’un investissement cumulé de 3 000 milliards de dollars – seuil qui devrait être dépassé avant la fin de la décennie – l’effort dépasserait les retombées économiques. Bien sûr, cela reste une estimation.

Cela dit, du point de vue des industriels, les montants investis ne sont pas forcément irrationnels. Le numérique est un secteur où une loi s’applique : « Winner takes all », soit en bon français, le gagnant rafle tout, à savoir une position de quasi-monopole. Conclusion : quand on veut être le premier sur un marché, mieux vaut trop investir que pas assez.

En pratique, ces investissements financent des centres de données........

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