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Faut-il permettre aux Français d’hériter plus tôt ?

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24.09.2026

Sébastien Lecornu veut « faire circuler l’épargne plus tôt vers les jeunes », au moment où « cet argent est le plus utile ». Une intention louable de prime abord. Les successions interviennent de plus en plus tard – l’âge moyen de l’héritage est désormais de 53 ans –, alors que les héritiers pourraient avoir besoin de cet argent plus tôt, pour leur premier achat immobilier, fonder une famille, créer une entreprise…

Pour cela, le gouvernement propose d’intégrer au budget 2027 un relèvement temporairement du plafond d’exonération des dons familiaux de sommes d’argent, de 31 865 euros à 50 000 euros. Une exonération qui peut déjà se cumuler avec un abattement fiscal permettant de donner jusqu’à 100 000 euros à chaque enfant tous les quinze ans sans payer de droits de donation.

Après abattements, le gouvernement voudrait ramener temporairement le taux progressif de taxation des dons familiaux, qui va actuellement de 5 % à 45 %, à un niveau fixe de 6 %, dans la limite de 100 000 euros par donateur et par bénéficiaire majeur.

L’objectif est d’inciter aux donations pour accélérer la circulation du patrimoine et de débloquer l’épargne des seniors dans l’espoir de relancer l’économie. Mais les mesures du gouvernement peuvent-elles réellement atteindre ces objectifs ?

Des effets incertains

Concernant la transmission du patrimoine d’une génération à l’autre, l’ampleur du phénomène risque d’être très limitée d’après Nicolas Frémeaux, professeur d’économie à l’université de Rouen Normandie.

« Les plafonds actuels d’exonérations sont déjà peu utilisés, car peu de Français peuvent faire des dons de montants aussi importants de leur vivant. La portée de ces mesures sera donc restreinte », explique-t-il.

« Les plafonds actuels d’exonérations sont déjà peu utilisés, car peu de Français peuvent faire des dons de montants aussi importants de leur vivant. La portée de ces mesures sera donc restreinte », explique-t-il.

En effet, en 2024, 22,2 % des donations reçues étaient de 100 000 euros ou plus et 44,4 % de moins de 30 000 euros.

Ensuite, on peut accorder un point au gouvernement : le patrimoine des seniors pourrait être employé de manière plus bénéfique à l’économie.

« Les 60 ans et plus possèdent 60 % du patrimoine financier. Or, leurs placements sont peu risqués et de court terme. Cette épargne ne participe donc........

© Alternatives Économiques