Royaume-Uni-Rwanda : les impasses de la sous-traitance de l’asile
Kigali a entamé un recours judiciaire contre Londres, qui a annulé un partenariat visant à expulser au Rwanda des demandeurs d’asile. Une procédure qui montre les limites de « l’externalisation » de la politique migratoire.
Expulser à plus de 6 000 kilomètres des demandeurs d’asile arrivés illégalement sur le territoire britannique, les conservateurs en avaient rêvé. La signature, en 2022, d’un partenariat controversé avec le Rwanda pour y envoyer des exilés ayant traversé la Manche sur des embarcations de fortune, avait presque exaucé leur vœu. Mais après l’idylle vient la bataille. Stoppé net par le gouvernement travailliste britannique, cet ancien accord est désormais au cœur d’un contentieux entre Kigali et Londres.
Le Rwanda a saisi en novembre la Cour permanente d’arbitrage de La Haye, aux Pays-Bas. Le pays réclame…
Expulser à plus de 6 000 kilomètres des demandeurs d’asile arrivés illégalement sur le territoire britannique, les conservateurs en avaient rêvé. La signature, en 2022, d’un partenariat controversé avec le Rwanda pour y envoyer des exilés ayant traversé la Manche sur des embarcations de fortune, avait presque exaucé leur vœu. Mais après l’idylle vient la bataille. Stoppé net par le gouvernement travailliste britannique, cet ancien accord est désormais au cœur d’un contentieux entre Kigali et Londres.
Le Rwanda a saisi en novembre la Cour permanente d’arbitrage de La Haye, aux Pays-Bas. Le pays réclame à Londres 100 millions de livres sterling (115 millions d’euros), et des réparations à hauteur de 6 millions de livres (6,9 millions d’euros) pour violation d’une obligation « ou, à défaut, des excuses pour le mépris flagrant du Royaume-Uni » à l’égard de cet engagement, a rappelé Emmanuel Ugirashebuja, le ministre de la Justice et procureur général de la République du Rwanda, lors d’une des audiences fin mars. La cour de La Haye rendra sa décision dans les prochains mois.
Pour le Premier ministre travailliste Keir Starmer, l’abandon de ce partenariat pour la migration et le développement économique (MEDP, selon son acronyme anglais) marquait une rupture avec ses prédécesseurs conservateurs. Son arrivée au pouvoir coïncidait en outre avec une période d’intensification d’une offensive militaire rwandaise dans l’est de la République démocratique du Congo, que Londres........
