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Canicule : les leçons d'un été brûlant

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18.08.2026

Quand le rude été 2026 va-t-il se terminer ? Dans son bilan mensuel du 4 août, au milieu d’une quatrième vague de chaleur et à l’approche d’une cinquième, Météo France anticipait déjà pour septembre et octobre un scénario plus chaud que la normale avec la probable poursuite de la configuration anticyclonique qui marque l’Europe de l’Ouest depuis mi-mai. Et d’indiquer que, après le record de juin, juillet avait été le mois le plus chaud jamais enregistré en France. Là comme ailleurs.

Ce nouvel été caniculaire s’est, une fois de plus, avéré douloureux. Même si l’essor des pompes à chaleur air-air et des climatiseurs a rendu l’été moins meurtrier qu’en 2003, les premiers bilans font état d’une surmortalité importante : près de 6 000 décès pour la seule période du 17 juin au 2 juillet toutes causes confondues.

Et longue est la liste des autres coûts humains : accroissement des cas de noyade, aggravation de la pollution à l’ozone, hausse des troubles psychologiques, pathologies plus difficiles à supporter, pénibilité du travail et du quotidien.

Quant à la nature, elle est sans défense. Avec la chaleur et le manque de pluie depuis le printemps – un déficit de précipitations sur l’Hexagone de 47 % en juin, de 70 % en juillet –, les sols et les rivières s’assèchent, impactant la végétation et la vie animale. L’indice d’humidité des sols a dépassé sur toute la France le précédent record de 2022. 

En lien avec le déficit pluviométrique, les nappes souterraines étaient au 1er août en baisse sur 94 % des points de mesure, 63 % se situant en dessous des normales. Plus de 1 300 cours d’eau ont connu des ruptures d’écoulement ou des assecs. La Garonne perdrait jusqu’à la moitié de son débit à Toulouse sans les lâchers des barrages pyrénéens, eux-mêmes sous tension. Un phénomène qui frappe jusqu’au Danube.

Impacts à tous les étages

Les conséquences matérielles de cette sécheresse sont multiples. La dessiccation de la végétation et des litières forestières les transforme en combustibles disponibles, notamment dans les plantations de résineux et les garrigues. Si la France a été bien moins ravagée que l’Espagne, elle avait déjà perdu un peu plus de 93 700 hectares de forêt à la mi-août, dont 65 100 depuis le 1er juillet et 37 000 pour le seul feu parti de Saumos, en Gironde. Un bilan plus lourd que le précédent de 2022 (65 000 ha).

Moins médiatisée que les incendies qui ont frappé 0,5 % de la forêt française, la sécheresse agricole sur la quasi-totalité du territoire a entraîné des pertes de production qui aggravent les détresses et attisent les colères dans la profession. Les récoltes de fourrage ont reculé d’un quart à la moitié selon les régions, contraignant les éleveurs à entamer leurs stocks d’hiver. Les rendements de maïs, culture très gourmande en eau l’été et destinée à l’alimentation animale, ont chuté cette année........

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