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Iran : l’État profond des Gardiens de la révolution

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28.10.2026

Créée en 1979, la « Légion des gardiens de la révolution islamique d’Iran » (sepah-e pasdaran-e enqelab-e eslami) est souvent présentée comme une organisation militaire monolithique, alors qu’elle regroupe des acteurs aux profils et aux intérêts variés. Dans Une histoire des gardiens de la révolution, de 1980 à nos jours, qui vient de paraître aux Presses universitaires de France, et qui est tiré de sa thèse soutenue en 2024, Sophia Mahroug, maître de conférences en histoire des relations internationales à Sorbonne Université Abu Dhabi, retrace l’évolution de cette organisation au rôle central dans l’appareil d’État iranien. L’étude de la trajectoire de ses membres, des hauts gradés aux technocrates et aux idéologues, reflète sa diversité interne et met en lumière son rôle dans la résilience dont le régime iranien fait preuve depuis plus de quarante-cinq ans. Extraits de la conclusion.

La guerre menée conjointement par les États-Unis et Israël en Iran le 28 février 2026 révéla au grand jour une structure tenace et complexe de l’appareil d’État iranien, duquel les gardiens devenaient ouvertement les maîtres après la mort de leur guide suprême Ali Khamenei, après vingt-sept ans de règne.

Les spéculations médiatiques et ministérielles quant à la nature de la boîte noire politique d’un alliage inédit d’institutions – mêlant un héritage à la fois khomeyniste et romano-germanique – allaient bon train bien avant la guerre, surtout depuis le nouvel embrasement du Moyen-Orient survenu le 7 octobre 2023, après l’attaque du Hamas en Israël. (…)

Quoi qu’il en soit, les assassinats politiques d’Ismaël Haniyeh en juillet 2024 puis, en septembre 2024, de Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah depuis février 1992, soulevèrent bien des questions sur la composition de la Légion, comme les liens de celle-ci avec les milices du Hezbollah, des Houthis et du Hamas ; l’énumération des disparitions qui suivirent jusqu’à l’assassinat de Khamenei (février 2026) puis d’Ali Larijani (mars 2026), créerait une litanie. Les diverses interrogations quant à la nature du régime et du Corps des gardiens nous ont été personnellement posées, dans la presse ou au détour de discussions informelles avec différents services ministériels et européens : qui, parmi les gardiens, peut trahir les idéaux de la révolution islamique et de l’Axe de la Résistance ? Quels pasdaran seraient aux commandes ? Que voulaient les gardiens ?........

© The Conversation