Pompiers volontaires: face aux mégafeux, un modèle fragilisé
Pompiers volontaires: face aux mégafeux, un modèle fragilisé
Les incendies conséquents de cet été mettent en lumière les forces, mais aussi les fragilités du modèle français de sécurité civile, largement fondé sur les sapeurs-pompiers volontaires. Comment l'adapter?
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Les images des incendies qui ont ravagé cet été les forêts du sud de la France rappellent une réalité trop souvent oubliée: près de 80% des sapeurs-pompiers français sont volontaires. Au sein des colonnes de camions engagés au plus près des flammes, se trouvent des femmes et des hommes qui, une fois leur mission terminée, reprennent souvent leur activité professionnelle, parfois après une nuit passée sur le terrain à combattre le feu.
D'autres posent des jours de congé pour être davantage disponibles, car tous n'ont pas la chance de bénéficier d'aménagements prévus par des conventions signées entre leur employeur et leur service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de rattachement.
Cette situation renvoie à des difficultés plus larges de moyens et d'organisation auxquelles font face les SDIS depuis plusieurs années. Pour garantir la continuité des secours sur l'ensemble du territoire, ils sont contraints de recruter un grand nombre de volontaires.
L'épisode des incendies en Gironde a remis en lumière les tensions croissantes auxquelles est confronté le modèle français de sécurité civile.
Un modèle français très dépendant des volontaires
La France a fait le choix de faire reposer le modèle de sécurité civile sur une complémentarité entre différents statuts de sapeurs-pompiers:
En France, le nombre de sapeurs-pompiers est globalement stable depuis une dizaine d'années, qu'il s'agisse des volontaires ou des professionnels. Les pompiers français exercent des missions parmi les plus étendues d'Europe (voir tableau plus bas). Seuls le Danemark et la Finlande leur en demandent autant. Et avec le vieillissement de la population et le changement climatique, leurs interventions pourraient encore s'intensifier dans les années à venir: multiplication des carences d'ambulanciers privés (que les pompiers remplacent), mais aussi feux de forêts, inondations, tempêtes et épisodes météorologiques extrêmes.
Lorsque les populations composent le 18 ou le 112, elles ignorent généralement si ce sont des pompiers professionnels ou volontaires qui interviennent. Sur le terrain ou en caserne, rien ne permet de les distinguer. Cette uniformité peut d'ailleurs parfois alimenter certaines tensions. En effet, les professionnels se sentent parfois insécurisés, voire menacés dans leur statut, par le fait que les volontaires exercent les mêmes missions qu'eux, avec des responsabilités similaires, mais sans relever du statut salarié.
D'autres pays européens, à l'image de l'Allemagne, de la Belgique et du Luxembourg, ont aussi fait le choix d'un modèle fondé sur la complémentarité entre volontaires et professionnels,........
