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Budget 2027: un projet peu satisfaisant, qu'il faudrait pourtant adopter

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09.10.2026

Budget 2027: un projet peu satisfaisant, qu'il faudrait pourtant adopter

La majorité de nos parlementaires vont être face à un choix cornélien: ou approuver un projet de budget qui ne les enchante pas ou le rejeter, au risque de provoquer une sérieuse crise financière. Il est à espérer qu'ils retiendront la première solution.

Temps de lecture: 9 minutes

9 octobre 2026 à 6h55 – Édité par Manon Michel

Préparer une loi de finances n'est jamais un exercice simple. Les recettes à attendre ne sont jamais à la hauteur des besoins. Il faut faire des choix. Peu de ministres des finances se trouvent dans la situation d'Édouard Balladur qui, à l'automne 1986, pouvait ironiser à peu près en ces termes: le ministre de l'Industrie (le très libéral Alain Madelin) veut que l'on réduise le poids des interventions de l'État dans l'économie, nous allons lui faire ce plaisir en préparant son budget…

Il suffit de lire le sommaire des informations chaque matin pour voir que chaque profession, chaque catégorie sociale a des demandes de réduction des charges fiscales ou sociales ou de hausse des dépenses. Et le mouvement lycéen est là pour rappeler que les besoins sont en effet immenses.

Une marge de manœuvre limitée

Le budget est en théorie le reflet de l'orientation politique du gouvernement. Mais encore faut-il que celui-ci ait la perspective de pouvoir faire adopter son projet par le Parlement, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui depuis la malheureuse dissolution de l'Assemblée nationale. Sébastien Lecornu n'a d'autre choix que d'essayer de trouver une voie de passage entre des exigences contradictoires tout en allant dans le sens qu'il souhaite –la nécessaire réduction du déficit public– et en préservant ce qu'il estime être la préparation de l'avenir.

L'exercice est d'autant plus compliqué que le contexte international est très défavorable: la guerre déclenchée par Donald Trump en Iran a pour principal résultat la hausse du coût de l'énergie, de l'indice des prix et des taux d'intérêt, le tout à un moment où la dégradation du climat international exige une hausse des dépenses d'armement et où le changement climatique devrait conduire à relever les dépenses visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à s'adapter au réchauffement. Sans compter les énormes changements qui se préparent du fait des investissements américains et chinois dans l'intelligence artificielle, seul domaine en très forte croissance actuellement et dont on ne peut être totalement absent.

Une dette publique qui explose

Que faire dans ce cadre alors qu'on a une dette publique qui explose –3.595,5 milliards d'euros à la fin du deuxième trimestre, soit 119% du PIB– et que l'on doit emprunter à un taux à dix ans qui se rapproche dangereusement de 5%? Dès le mois de mai, Roland Lescure, ministre de l'Économie, a choisi de mettre le problème sur la table en faisant appel à quatre économistes pour montrer ce qui se passerait si rien n'était fait et pour proposer des scénarios de rééquilibrage des comptes publics.

Budget 2027: sur qui doit peser la rigueur?

Le rapport publié en juillet a confirmé ce que tous les économistes un peu sérieux expliquaient: il n'est pas possible de continuer ainsi, la sortie de route est proche et il faut agir dès maintenant. Pour cela il faut utiliser tous les moyens disponibles: freiner les dépenses, mobiliser des recettes et renforcer le potentiel de croissance, sachant que de ces trois moyens d'action, celui qui devra avoir la priorité est le premier, la maîtrise des dépenses. L'avertissement était à prendre d'autant plus au sérieux que certains de ses auteurs –on pense en particulier à Xavier Ragot, président de l'OFCE, Observatoire français des conjonctures économiques- sont connus pour être de fervents défenseurs du rôle joué par la........

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