Gérard Teulière : "Les mesures anti-vieux relèvent de la lâcheté politique"
Il existait au XVIIe siècle, dans l’Espagne minée par la crise économique, une cohorte de conseillers princiers et de donneurs d’avis que l’on appelait les arbitristes. Moqués par Cervantès, et d’autres écrivains pour leurs propositions farfelues, on les voyait si entêtés dans l’écriture de leurs rapports que l’un d’eux, peint par Vélez de Guevara dans Le Diable boiteux (1641), ne s’était pas rendu compte qu’il s’était crevé un œil avec sa propre plume.
À lire aussi : Retraites : sacrifier les vieux, une politique indéfendable, périlleuse et hasardeuse économiquement
Comme le donneur d’avis aveuglé par son obsession, les arbitristes pointent de nos jours la génération des « boomers », qu’un moraliste libéral a, dans un livre récent, accusés de tous les maux pour imputer à une classe d’âge les errements d’une caste économique. À présent assénée de toutes parts dans une surprenante dialectique du perroquet, l’idée qu’il faudrait taxer spécialement les retraités revient avec un acharnement méthodique, ainsi qu’en témoigne, entre autres, la dernière proposition de budget.
Les plus effrontées distorsions sémantiques sont à l’œuvre pour étayer ces projets,........
