Pascal Perrineau : «En France la pulsion autoritaire est de retour, c’est pourquoi les ventriloques de la peur ont le vent en poupe»
Il n’y a pas que le vin, le fromage, les avions pour lesquels les Français se débrouillent pas trop mal… Il y a aussi la trouille ! Dans l’Inventaire des peurs françaises Anne Muxel, sociologue, directrice de recherches au CNRS et Pascal Perrineau, politologue, professeur à Sciences-Po, font le tour de nos peurs nationales. Pourquoi les Français flippent-ils plus que les autres quant à leur identité ou à leur avenir collectif ? Bizarrement, personne ne s’était vraiment penché sur cette spécificité nationale. Voilà qui est fait. Entretien avec Pascal Perrineau.
La peur est un sentiment universel. Pourquoi cette «peur française» ? Est-ce qu’il y a des peurs spécifiques à la France ?
La peur est universelle, aussi vieille que la condition humaine et n’a pas que des défauts. Elle peut être positive, quand il y a un danger.
Comme la douleur, c’est une alerte…
En effet, ce n’est pas uniquement une passion négative, et les gens qui n’ont pas peur du tout sont extrêmement dangereux. Mais pour ce qui est de la France, quand on la compare aux autres sociétés européennes, c’est une société particulièrement défiante et craintive. Surtout d’un point de vue collectif ! Sur la capacité du pays à s’en sortir, sur la capacité du pays à réagir aux grandes crises, sur la place du pays sur la scène mondiale, les Français sont extrêmement pessimistes.
C’est la déprime d’un ancien empire ou est-ce parce que notre modèle spécifique résiste mal à la mondialisation ?
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