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OQTF : comment l’administration française fait de nous des «illégaux»

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04.04.2026

Dans un métro parisien, à l’heure de pointe l’année dernière, une femme noire d’une cinquantaine d’années a lancé à voix haute qu’elle venait de recevoir une OQTF – une obligation de quitter le territoire français. Elle continua à répéter ses mots à la foule, dans l’espoir d’y trouver une certaine reconnaissance de sa souffrance. Dans sa robe en wax colorée, je l’imaginais faire le ménage ou s’occuper des enfants d’une famille française. Et avec cet emploi qu’elle risquait de perdre, je l’imaginais faire vivre sa famille entre Paris et un ailleurs en Afrique. Comme tout le monde autour de moi, j’ai évité de croiser son regard, certaine du confort que me conférait mon statut de migrante hautement qualifiée.

Penser en «OQTF» : un cercle vicieux qui conduit à l’absurde sécuritaire

Après cet épisode, j’ai commencé à entendre de nombreuses histoires de personnes ayant reçu la redoutée OQTF. La plus bouleversante était celle de Rayen Fakhfakh, un étudiant tunisien en médecine de 21 ans, qui me rappelait à la fois mes propres étudiants et moi plus jeune. «Cela aurait pu être moi», ne cessais-je de penser !

Le site dysfonctionnel de la préfecture

A la fin de l’année 2025, mon titre de séjour approchait de son expiration. J’ai commencé à envoyer des mails anxieux à l’administration pour obtenir un rendez-vous, ne recevant en retour que des réponses automatiques qui semblaient venir d’un chatbot. Souvent, je passais mes jours et mes nuits à actualiser le site dysfonctionnel de la préfecture, dans l’espoir de trouver des créneaux de rendez-vous. Mais hélas, aucune date disponible ! Et leurs

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