Le fameux calendrier de 2026!
EXPERT INVITÉ. Comme chaque année, je vous présente mon analyse des marchés et des grands équilibres macroéconomiques pour l’année à venir. Ce document passera en revue les perspectives sur les actions, les taux, les devises, l’inflation, la croissance, la politique monétaire ainsi que les principaux enjeux géopolitiques susceptibles d’influencer les marchés en 2026. L’objectif est d’offrir une lecture cohérente du scénario central, des risques associés et des points d’attention clés pour la construction des allocations. Synthèse et analyse.
Que faut-il réellement attendre des marchés en 2026 ? La question est légitime après une fin d’année 2025 marquée par une volatilité parfois brutale, mais sans remise en cause durable de la tendance haussière.
Le sentiment dominant reste constructif, porté par l’idée que l’économie mondiale ralentit sans basculer, et que la croissance des bénéfices demeure le principal moteur des marchés.
Les investisseurs abordent donc 2026 avec un optimisme plus discipliné, conscients que la phase d’expansion facile est derrière nous.
La hausse attendue des marchés ne repose plus sur une inflation des multiples, mais sur une exécution rigoureuse des fondamentaux.
Dans ce contexte, la visibilité macroéconomique s’améliore, même si elle reste incomplète et très dépendante des trajectoires de politique monétaire.
Les marchés entrent ainsi dans une phase plus sélective, où la dispersion des performances devrait s’accentuer.
Autrement dit, 2026 ne sera pas une année de complaisance, mais une année de conviction, de choix assumés et de gestion active du risque. Passage en revue de cette nouvelle année.
C’est évidemment la question à plusieurs milliards de dollars. Il y a plusieurs manières d’y répondre. J’en aborde 7 : Les indices, la théorie des premiers jours, les prévisions économiques, les attentes en matière de taux, les interrogations pour cette année, les risques et le fameux calendrier de 2026 !
Les indices
La question est centrale après une fin 2025 marquée par une forte volatilité, mais sans rupture de tendance. Le consensus des grandes institutions financières reste clairement orienté vers un scénario constructif pour 2026, avec une conviction partagée : la poursuite de la hausse des marchés actions devra être portée avant tout par la croissance des bénéfices, et non par une nouvelle expansion des multiples.
Selon une enquête publiée par le Financial Times, la moyenne des prévisions de neuf grandes banques d’investissement situe le S&P 500 au-delà de 7 500 points à fin 2026, soit une progression d’environ 10 % par rapport aux niveaux de référence mentionnés dans l’étude.
Ces anticipations impliqueraient une septième année de performance à deux chiffres sur les huit dernières, tout en marquant un ralentissement par rapport aux gains observés en 2024 et 2025.
Dans le détail, les écarts de projection restent significatifs. Morgan Stanley vise un objectif autour de 7 800 points, estimant que le marché haussier reste intact malgré des phases de volatilité, soutenu par une combinaison rarement observée de politiques budgétaires, monétaires et réglementaires favorables, ainsi que par les retombées fiscales du programme de baisses d’impôts sur les sociétés, évaluées à 129 milliards de dollars.
Deutsche Bank adopte l’approche la plus offensive avec une cible de 8 000 points, tablant sur une accélération des bénéfices et un élargissement de la performance au-delà des grandes valeurs technologiques.
À l’opposé, Bank of America se montre plus prudente avec un objectif de 7 100 points, soulignant que les investissements massifs dans l’intelligence artificielle ne se traduisent pas encore pleinement dans les résultats et que le marché reste vulnérable à des épisodes de correction.
Les projections agrégées reprises dans les travaux de consensus confirment cette lecture : JPMorgan et UBS se situent autour de 7 500 points, CFRA à 7 400, dessinant un couloir de progression relativement resserré, mais conditionné à une exécution irréprochable sur le plan des bénéfices.
Sur ce point, les attentes sont élevées : Morgan Stanley anticipe un bénéfice par action du S&P 500 de 317 dollars en 2026, soit une croissance de 17 %, tandis que Bank of America table sur une hausse de l’ordre de 14 %, tout en anticipant une contraction des multiples, signe d’un marché plus exigeant.
Les travaux de Citi apportent un éclairage complémentaire sur la dynamique interne du marché.
L’établissement vise un S&P 500 à 7 700 points fin 2026, construit sur une hypothèse de 320 dollars de bénéfices par action et une valorisation d’environ 24 fois les profits, contre 25 fois actuellement.
Le consensus de bénéfices pour 2026 est estimé à 310 dollars, ce qui laisse peu de place à la déception.
Citi souligne également un changement de leadership attendu, avec un déplacement progressif de la performance des « AI enablers » vers les « AI adopters », une dispersion accrue entre les valeurs et une sélection de titres plus complexe.
L’établissement encadre d’ailleurs clairement les risques, avec un scénario haussier à 8 300 points et un scénario baissier à 5 700 points, en fonction de l’évolution des bénéfices et des multiples.
Sur le plan macro-financier, Citi projette un rendement du Treasury américain à 10 ans de 3,75 % fin 2026, contre 4,18 % dans l’environnement actuel.
Enfin, les anticipations hors États-Unis restent positives, mais plus modérées. Le Financial Times rapporte des objectifs moyens de 615 points pour le Stoxx Europe 600 (soit 6,4 %) et de 3 590 points pour le Topix japonais ( 5,6 %) à horizon fin 2026.
L’ensemble de ces projections convergent vers une conclusion claire : 2026 est perçue comme une année de poursuite de la hausse, mais dans un marché plus sélectif, plus large et beaucoup moins tolérant aux valorisations non justifiées par les fondamentaux.
La théorie des «premiers jours»
C’est une théorie qu’il faut surveiller de près, même si elle ne se réfère à aucun fondamentaux. Si les 5 premières séances de l’année sont bonnes, historiquement cela est généralement synonyme d’une excellente année (comme en 2003). À l’inverse, si les 5 premiers jours de l’année sont mauvais, le reste de l’année sera faible…
Plus en détail, historiquement, un mois de janvier positif est un signe haussier pour les actions. Le graphique ci-dessous montre que cette maxime populaire de Wall Street a résisté à l’épreuve du temps.
Depuis 1950, l’indice S&P 500 a enregistré une performance annuelle moyenne de 16,8 % au cours des années comprenant un mois de janvier positif. En outre, l’indice a généré des rendements positifs au cours de 89 % de ces années.
En revanche, lorsque l’indice a baissé en janvier, la performance annuelle est tombée à -1,7 %, avec seulement 50 % de résultats positifs.
Les prévisions économiques
L’OCDE dresse le portrait d’une économie mondiale qui résiste, mais sans accélérer franchement.
Pour l’ensemble du G20, la croissance est attendue à 3,2 % en 2025, 2,9 % en 2026, avant un léger redressement à 3,1 % en 2027, traduisant un cycle de normalisation plus qu’un véritable rebond. Autrement dit, la croissance mondiale ne s’effondre pas, mais elle s’installe durablement en dessous de son potentiel historique.
Les écarts régionaux restent marqués. L’Inde conserve le rôle de locomotive avec une croissance projetée à 6,7 % en 2025, 6,2 % en 2026 et 6,4 % en 2027, loin devant les autres........
