Grippe aviaire 2026: le prochain choc invisible ?
EXPERT INVITÉ. Vous vous dites sans doute que l’on reparle encore de santé et d’épidémies — et vous n’avez pas tout à fait tort. La grippe aviaire revient en force, et cette fois, le marché commence à la regarder autrement. Nous ne sommes évidemment pas dans un scénario à la Covid-19, mais la propagation actuelle du virus pourrait bien produire des effets économiques que le consensus n’intègre pas encore. Synthèse et analyse.
La grippe aviaire revient au centre du jeu en ce début 2026, et cette fois le marché ne peut plus la traiter comme un simple bruit sanitaire. De nouveaux foyers H5N1 ont été confirmés en Inde, en Israël, aux États-Unis et dans plusieurs pays européens, forçant les autorités à réactiver des mesures de confinement et d’abattage.
En Inde, plus de 80 000 oiseaux ont été détruits en quelques semaines, tandis qu’en Géorgie, aux États-Unis, plus de 140 000 poulets ont été éliminés dans une seule exploitation commerciale.
L’Europe, elle, a imposé des élevages en intérieur dans plusieurs régions à risque, signe que la pression migratoire des oiseaux sauvages est de retour. Ce n’est pas un épisode isolé, mais une vague hivernale coordonnée par les routes de migration.
Le virus n’est plus cantonné à un pays ou à une filière, il circule dans les systèmes alimentaires mondiaux. Les autorités parlent de précaution, mais les chaînes d’approvisionnement parlent déjà de stress. Et quand les poulaillers ferment, les marchés alimentaires réagissent.
L’histoire montre que ce type de choc commence toujours localement, mais se propage très vite macro-économiquement.
La grippe aviaire n’est plus seulement un virus d’oiseaux, c’est désormais un risque systémique pour l’agro-industrie mondiale.
Le H5N1 est devenu endémique chez les oiseaux sauvages, ce qui signifie qu’il revient chaque année, de manière plus ou moins violente.
En 2026, ce qui inquiète le plus les scientifiques n’est pas seulement le nombre de foyers, mais leur diversité géographique. Plus un virus circule longtemps, plus il accumule des mutations.
Et plus il touche d’espèces différentes, plus la probabilité d’adaptation augmente.
C’est exactement ce que le marché regarde aujourd’hui : la durée et l’étendue du phénomène. Le virus est désormais intégré au paysage de risque, au même........
