Et si l’Iran « tombait » ?
EXPERT INVITÉ. Depuis plusieurs semaines, les marchés regardent de plus en plus vers le Moyen-Orient, non pas pour une guerre, mais pour un risque bien plus insidieux : une crise économique qui devient politique. L’Iran, fragilisé par l’inflation, la chute de sa monnaie et des sanctions durables, entre dans une zone de turbulences où la rue et l’économie se rencontrent. Or, chaque fois que cela se produit dans un pays énergétique clé, le choc dépasse largement ses frontières. Pour les investisseurs, l’Iran n’est plus un simple sujet géopolitique, mais un véritable déclencheur potentiel de volatilité globale. Synthèse et analyse.
L’Iran traverse une nouvelle vague de contestation, plus large, plus économique, et donc potentiellement plus dangereuse pour le pouvoir.
Tout est parti d’un choc très concret : une chute brutale de la monnaie et une flambée des prix qui rendent la vie quotidienne intenable. Les protestations ont gagné de nombreuses villes, des bazars aux campus, et les slogans ont rapidement dépassé le simple « pouvoir d’achat » pour viser directement le sommet de l’État.
Les autorités alternent entre discours d’apaisement et menace de répression, signe classique d’un pouvoir sous pression. Le signal le plus inquiétant pour les marchés n’est pas seulement la rue : c’est la coupure d’internet, souvent utilisée quand le régime veut reprendre le contrôle du récit… et du terrain.
Les bilans humains et les arrestations s’accumulent, tandis que la colère s’enracine dans une inflation chronique et une confiance brisée.
Dans ce contexte, la question n’est pas « y aura -t-il de la volatilité ? », mais « où et quand elle va frapper ». Les investisseurs doivent regarder l’Iran comme un risque politique, mais aussi comme un risque énergétique et logistique.
Et quand l’énergie et la politique se rencontrent, les prix se mettent à parler plus fort que les communiqués.
L’Iran n’est pas un petit dossier régional : c’est un pays — carrefour entre le Golfe, l’Asie centrale et les routes maritimes stratégiques.
C’est aussi un acteur énergétique majeur par ses réserves, même si ses exportations sont bridées par les sanctions et les circuits de contournement.
Son poids, ce n’est pas seulement le volume : c’est la capacité à créer une prime de risque sur tout le Moyen-Orient.
Ajoutez à cela un historique récent de tensions militaires, de frappes, de menaces et de ripostes, et vous obtenez un cocktail parfait pour les marchés.
L’économie iranienne est en partie « débranchée » du système financier mondial, ce qui pousse le pays vers des réseaux parallèles et des décotes sur le pétrole. Le rial s’est effondré sur plusieurs décennies, et cette spirale monétaire alimente une fuite vers le dollar, l’or, et les actifs réels.
Résultat : la monnaie devient un baromètre politique, et la rue devient un baromètre économique. Quand la monnaie perd sa fonction de réserve de valeur, la légitimité politique s’érode.
L’Iran, c’est donc un pays où l’économie n’est pas un sujet technique : c’est le déclencheur. Et c’est précisément pour cela que la trajectoire politique peut accélérer très vite.
Voici quelques données spécifiques sur l’Iran (avec les derniers chiffres disponibles) :
Données géographiques :
• Superficie : 1 648 000 km2
• Capitale : Téhéran
• Villes principales : Machhad, Ispahan, Karaj, Tabriz
• Langue (s) officielle (s) : Persan
• Langue (s) courante (s) : kurde, baloutchi, turc, arabe
• Monnaie : Rial (1 euro = 47 289 rials)
• Fête nationale : 11 février (révolution islamique)
Données démographiques :
• Population (2018) : 83,258 millions
• Densité : 49,65 hb/km²
• Croissance démographique (2017) : 1,1 %/an
• Espérance de vie (2017) : 76 ans
• Taux d’alphabétisation (2016) : 93 % (pour les Iraniens de 19 à 40 ans)
• Religion (s) : musulmans (99,4 %), en très grande majorité chiite, musulmans, sunnites, bahaïs (religion interdite), chrétiens (117 700), zoroastriens (25 271), juifs (8 756).
• Indice de développement humain : 0,798 (60e rang mondial en........
