Démolitions: les locataires s’organisent
«La ville, elle est à qui? Elle est à nous!» Ces derniers mois, des habitant·es ont fait résonner ce slogan devant des immeubles de Genève. Les propriétaires de ces immeubles – des caisses de pension, des assurances ou des fonds d’investissement – ont annoncé la résiliation des baux dans le but de démolir puis de reconstruire ces bâtiments. La question du logement, de la spéculation et de la gentrification n’est pas nouvelle à Genève. Elle alimente les débats politiques et les votations depuis des décennies. Mais les mobilisations aux Augustins et à la Servette lui ont donné un visage concret: celui d’habitant·es sommé·es de quitter leur logement.
Ce phénomène a un nom dans la littérature spécialisée: la demoviction, contraction de demolition et eviction. Il désigne l’expulsion en masse de locataires avant la démolition d’un bâtiment, dans le but de transformer un parc immobilier vieillissant et peu rentable en logements neufs aux loyers plus élevés. Cette opération, même si elle est coûteuse, accroît les rendements sur le long terme, ce qui la rend particulièrement attractive pour des investisseurs institutionnels. Une étude récente........
