La grande trahison de l'égalité des chances
Le Québec aime se percevoir comme une société égalitaire tricotée serrée par les promesses de la Révolution tranquille. Pourtant, derrière la façade des discours politiques, le réseau scolaire cache une réalité beaucoup plus sombre : il est devenu le plus ségrégué et le plus injuste du Canada.
En laissant s’installer un système « à trois vitesses », l’État a orchestré un mécanisme d’écrémage qui contredit les fondements mêmes de la justice sociale.
Aujourd’hui, ce modèle ne se contente plus de refléter les inégalités : il les produit activement. Pour comprendre cette dérive, il faut observer la structure tripartite qui segmente nos adolescents dès l’âge de douze ans.
Au sommet de la pyramide trône le réseau privé subventionné, où l’argent public finance des institutions qui sélectionnent leurs élèves sur des critères financiers et académiques tout en ayant le loisir de renvoyer les plus complexes. Au milieu se trouvent les programmes publics sélectifs, réponse désespérée du réseau public pour retenir la classe moyenne. Tout au bas subsiste la classe régulière de l’école de quartier, devenue par défaut le vase d’expansion de toutes les difficultés.
Cette compétition toxique contamine le primaire dès la quatrième année. L’enfant ne vient plus à l’école pour apprendre, meubler sa curiosité et s’épanouir, mais pour accumuler........
