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Porter plainte à voix perdue

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On demande aux femmes victimes de violence conjugale de parler, de dénoncer, de conserver des preuves et de faire confiance au système de justice. On leur répète qu’elles ne sont pas seules, qu’il existe des ressources pour les protéger et que leur parole mérite d’être entendue, mais que reste-t-il de ces promesses lorsqu’une femme trouve finalement le courage de demander de l’aide et que l’un des policiers chargés de la protéger aurait lui-même effacé les preuves qu’elle tentait de lui remettre ?

C’est ce qui se serait produit à Montréal-Nord, dans un dossier de violence conjugale remontant à 2025.

Selon les informations rapportées, une femme aurait présenté à deux policiers des vidéos témoignant des violences et des menaces qu’elle disait avoir subies. L’un des agents aurait alors reconnu son conjoint avant de supprimer les enregistrements directement sur son téléphone. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé qu’une enquête criminelle était en cours concernant des gestes présumés de prévarication et d’entrave à la justice.

Depuis ces révélations, le SPVM a annoncé le congédiement administratif de sept policiers des postes de quartier 21 et 39 dans la foulée d’enquêtes portant sur des comportements discriminatoires et d’autres inconduites graves.

Le directeur du SPVM, Fady Dagher, a présenté ces décisions comme un premier pas vers le rétablissement de la confiance du public, tout en précisant que les enquêtes criminelles se poursuivaient. Si ces mesures témoignent d’une volonté de rendre........

© Le Devoir