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De la déloyauté en politique

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01.05.2026

Dans ses mémoires, Passion politique, Jean Chrétien écrit, avec sa franchise habituelle, que « faire de la politique, c’est convoiter le pouvoir, le prendre, l’exercer et le conserver ». Il ajoute qu’on ne lui fera jamais croire que les motivations en politique sont strictement altruistes ni qu’elles peuvent se résumer au fameux « désir de servir ».

Je ne vais certainement pas le contredire. Il y a beaucoup d’ego et de calcul en politique. La loyauté est parfois à géométrie variable. On oublie l’ingrédient de notre succès. On confond privilège et droit. On perd la motivation des premiers jours, on oublie qu’on est d’abord élu pour servir nos concitoyens.

Le problème n’est pas que les politiciens veulent le pouvoir. C’est ce qu’ils sont prêts à faire ou à dire pour l’avoir, le garder ou le reprendre. La ligne est mince entre l’ambition légitime, l’opportunisme et le cynisme.

Parfois, la meilleure personne arrive au pire moment. Même si plusieurs ont vu un premier ministre dans Robert Stanfield ou Paul Martin père, ils n’auront jamais décroché ce titre. Timing is everything, dit l’expression anglaise.

On dit souvent aussi à ceux qui se plaignent de cette dynamique : « N’en veux pas au joueur, mais au jeu. » Cela ne s’applique pas vraiment à Ottawa et à Québec, où ce sont les joueurs qui sont d’abord à blâmer ces jours-ci. Avoir des transfuges en politique n’est pas nouveau. Winston Churchill en est un exemple célèbre, lui qui a changé de parti pour mieux y revenir. Mais au-delà du timing et des ambitions personnelles, que signifie vraiment la loyauté en........

© Le Devoir