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Plier comme Mark Carney

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04.08.2026

Comme dans la fable de La Fontaine, le premier ministre canadien pense peut-être qu’il vaut mieux plier que rompre dans le monde multipolaire qui est devenu le nôtre. Il est vrai que cette approche a de vraies vertus en ces temps de tempêtes records. Mais à le voir jouer si souvent les roseaux face aux grands chênes irraisonnables, on commence à s’inquiéter pour l’échine canadienne. À force de la faire si fortement courber, ne risque-t-il pas de lui faire perdre pied ?

Ce n’est pas d’hier qu’on observe chez Mark Carney un décalage entre les principes qu’il défend et les décisions qu’il prend. Mais ce qu’on a d’abord accueilli comme l’expression d’un pragmatisme de nécessité, sinon de survie, ressemble de plus en plus à un préoccupant « quitte ou double » aux frais des contribuables.

Le pari paraît d’autant plus risqué qu’on sait que la spécificité du Canada ne tient déjà qu’à un pauvre fil élimé. Qu’en restera-t-il si son premier ministre en vient à larguer l’essence même de ce qui le distingue des États-Unis pour assurer sa survie ?

Une souveraineté ne se défend pas en déposant toutes ses armes, comme il l’a fait la semaine dernière devant les GAFAM. Qui irait dire aux loups déjà au chaud dans la bergerie : « Faites comme chez vous, on ne sera pas regardants, promis ! » ? C’est pourtant ce qu’on a fait en cédant aux refus........

© Le Devoir