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Dans le miroir de Kim Thúy

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25.09.2025

À qui appartient la parole québécoise ? À celui qui la fait chanter ? À celle qui la fait rêver ? Pierre Falardeau avait à cela une réponse formidable : est Québécois celui « qui décide de l’être ». Le reste n’a aucune espèce d’importance. « Les Québécois, il y en a de toutes les “câlisses” de souches. Moi, je suis de souche française. Il y en a qui sont de souche irlandaise. Il y en a qui sont de souche italienne. Il y en a qui sont de souche africaine. […] Je ne veux pas savoir d’où tu viens, je veux savoir où on va ! »

Et où on va, exactement ? La question est spécialement périlleuse ces jours-ci. Nombreux sont les Québécois — qu’ils soient de souche au sens falardien du terme ou plus ou moins fraîchement débarqués — à se sentir déroutés par l’horizon qui se rétrécit sous leurs yeux interdits. Quel est ce Québec à cran qui tombe à bras raccourcis sur son écrivaine chérie parce qu’elle ose douter de lui pour la première fois ?

Surtout, qu’est-ce que ce Québec clivé jusqu’à en devenir méconnaissable essaie de protéger aussi farouchement en refusant de regarder ce qu’il y a dans le miroir que nous tend Kim Thúy ?

Des années durant, au fil d’une œuvre tendre, tendre, douce, douce, Kim Thúy nous a parlé de nous à travers elle. Nous sommes légion à nous être enveloppés dans la soie de ses histoires, qui, malgré leur délicatesse........

© Le Devoir