Idées|Et si on considérait la forêt comme une ressource rare? Francis Charbonneau-Majeau, Catherine Vallée et Adam Poitras
Certains rêvent d’extraire des minéraux sur des astéroïdes lointains, d’autres de l’hélium sur la Lune. Ces ressources, limitées sur Terre, le sont peut-être moins à l’échelle de l’Univers. Mais une forêt mature, avec sa biodiversité ? Il n’y en a qu’ici. Sur aucune autre planète connue ne pousse un arbre. Et pourtant, ne traitons-nous pas nos forêts comme une ressource ordinaire ?
Depuis le début des années 2020, on parle régulièrement de rareté dans les médias : déficit budgétaire, crise des infrastructures, manque d’abordabilité et de disponibilité des logements, pénurie de main-d’œuvre. On parle désormais de pénuries d’eau, que ce soit dans nos champs, nos villes ou même dans les réservoirs d’Hydro-Québec. Ces enjeux nous préoccupent avec raison. Mais qu’en est-il de la forêt ?
Si, pendant un instant, on lui appliquait le même raisonnement que celui appliqué à ces autres enjeux, plusieurs voyants seraient déjà au rouge. Les orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT) de 2024 sont pourtant explicites : « Un couvert forestier de 50 % et plus facilite le maintien des écosystèmes et des espèces, alors qu’un couvert forestier de moins de 30 % a une incidence importante sur la biodiversité. » En deçà de 20 %, les espèces forestières se raréfient et disparaissent localement.........
