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Vos VUS

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15.04.2026

Je sens que je ne vais pas me faire d’amis cette semaine. C’est que je calcule qu’il est probablement encore plus facile, dans cette province, de parler de polémiques sociales ou de la guerre dans le monde que de critiquer l’addiction collective pourtant profondément nocive aux véhicules utilitaires sport (VUS).

J’y pense particulièrement depuis que l’attaque israélo-américaine contre l’Iran a relancé tout le débat sur le coût de l’essence. Bien sûr, le prix du baril de pétrole a augmenté. Bien sûr, c’est difficile pour les ménages déjà étouffés par le coût de la vie qui a explosé de mille et une manières dans les dernières années.

Bien sûr, c’est aussi un enjeu facile à comprendre, à vulgariser, et surtout à visualiser. Partout, sur le bord de nos autoroutes, au cœur de nos villes, il y a ces immenses panneaux avec de grands chiffres rouges dont la valeur grimpe et descend. En fait, grimpe, surtout. Rien de plus facile, pour un téléjournal, que de capter ces images de chiffres rouges géants, et d’interviewer les gens qui regardent les chiffres qui ont encore grimpé pour leur demander leur avis alors qu’ils peinent à payer le plein de leurs voitures (trop souvent trop grosses).

Je le répète — ne me lancez pas de tomates trop vite —, je comprends que la pression du prix de l’essence sur le coût de la vie est bien réelle. C’est que, comme locataire sans voiture, je m’avoue jalouse, voyez-vous. Je me demande ce qui arriverait si nos quartiers étaient aussi parsemés d’immenses panneaux qui affichent en chiffres rouges géants le prix........

© Le Devoir