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Souveraineté… albertaine

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21.05.2026

Depuis le Québec, il peut être très étrange de voir aller le mouvement sécessionniste albertain.

Premièrement, parce que si on connaît un peu le discours sur l’aliénation de l’Ouest canadien, on sait que le Québec joue depuis longtemps un rôle particulier dans les imaginaires. La Belle Province, cette « enfant gâtée » peuplée de « jamais contents preneurs de péréquation » qui menacent de « briser le pays » tout en réclamant constamment un « traitement spécial », y occupe un espace rhétorique de choix. Dans ce discours, Ottawa se soucierait particulièrement de nous, ce qui prouverait « l’aliénation » relative de l’ouest du Canada.

Le mouvement sécessionniste albertain et, dans une certaine mesure, la coalition politique qui a porté la première ministre Danielle Smith au pouvoir marquent une évolution dans ce discours. Le Québec reste central, mais plutôt que de se montrer seulement acerbe à son endroit, on s’en montre aussi inspiré. On nous imite, en quelque sorte. Mais on imite une caricature de la politique québécoise qui existe surtout dans l’imaginaire albertain.

Il faut voir comment (en plus de Justin Trudeau) Steven Guilbeault était devenu, pour Danielle Smith, le symbole des écolos québécois déconnectés du « réel », qui s’imaginent que le pétrole dont on dépend « pousse dans les arbres », méprisant et souhaitant opprimer le « vrai monde » de l’Alberta sur lequel repose la prospérité du pays. Il faut voir le changement de ton de Smith avec les élus québécois qui font des demandes autonomistes : on y voit, stratégiquement, une........

© Le Devoir