Je ne travaille pas pour un système de «santé»
MusiArt, une chorale regroupant des patients en psychiatrie de l’Hôpital général de Montréal, a été sauvée in extremis par des donateurs privés et l’organisme Les Impatients, ce qui permet de la maintenir (mais ailleurs) pendant deux ans. Après ? On verra. La nouvelle devrait nous réjouir ? Sauf que…
Le sursis de cette chorale destinée aux patients atteints de troubles psychiatriques, active depuis 1998, pointe un nouveau désinvestissement du gouvernement vis-à-vis de nos patients. La psychiatrie, parent pauvre de la médecine, offre une expression chaque jour plus évidente de ce retrait.
Oh, mais après tout, diront certains, ce n’est pas le fait de pousser la chansonnette qui guérit les gens, hein ?
C’est vrai : ce projet permettait « juste » aux patients de partager un temps de rencontres, d’échanges, donc du lien (mais finalement, on peut se connecter en ligne, car le système a pensé à tout).
Cette chorale permettait aussi aux patients de bénéficier des effets — reconnus scientifiquement — de la musicothérapie. Quand même. Mais une chanson rapporte moins qu’un cacheton (une pilule) au système capitaliste, on le sait.
Aucun intérêt donc ici, et les gestionnaires sont clairs : ce n’est pas un service essentiel. Donc, Santé Québec n’investit pas.
Quand je lis ce genre de nouvelle, je me dis qu’on devrait cesser d’appeler notre système un système de........
